Kid Chocolat – Kaleidoscope

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Artiste suisse, Kid Chocolat fait preuve d’une belle pluralité dans ses travaux, qui le mènent du domaine cinématographique, où il revisite Dario Argento, en passant par la new-wave (il fut l’instigateur d’un recueil concernant les débuts de Stephan Eicher dans Grauzone), des collaborations avec Asia Argento ou encore la création de son label Poor Records, à un esprit rétro teinté de modernisme qui lui permet de superbes résultats.

C’est ce qui distingue ce superbe opus aux collaborations multiples (le bonhomme en est friand et en fait de belles réussite), qu’on situe entre “northern soul” et “psychedelic pop from the 60’s” mais qui dépasse avec brio le cadre de ces deux genres.

On y trouve du rock tapageur (I’m standing, excellent), aux intonations sombres à la Bettina Koster, et si la soul déviante est en effet de la partie (Let’s form a party, feat. Land of Bingo), faite “maison”, il faut saluer la dextérité du Kid à développer un style qui lui appartient, truffé de sons bien trouvés et de mélodies prenantes et obscurcies (The Chains feat. Love Motel).

Plus loin, on trouve le chant sensible de Xavier Boyer (Tahiti 80) sur A lot of love, à la fois poppy et bourru, qui évoque également l’artiste allemande nommée plus haut. Chaque réalisation accroche l’oreille et le climat de Generation admin (feat. Land of bingo), délicat, orné de jolis cuivres, fait lui aussi la différence. La palette est large, l’esprit ouvert, le Suisse se posant sur Kaleidoscope (Agenor’s lullaby), instrumental plutôt serein.
Les festivités n’ont à ce moment pas encore pris fin, loin s’en faut puisque l’electro-pop de Unbelievable, magique, se profile, frappée elle aussi de cette légère teinte “dark”, avant que Mlle Shalala ne drape Get you a dream de son chant enjôleur, marié ici à un organe vocal masculin.
On en arrive alors à la dernière ligne droite d’un chemin déjà plaisant, que Puma Mimi obscurcit de nouveau à l’occasion de Square moon, porteur de ces sons obsédants, d’une atmosphère une fois de plus singulière que la voix, orientalisante ou susurrée au travers d’un ornement ombrageux, rend plus prenante encore.

Enfin, Survivors (feat. Love Motel), aux basses charnues, aux synthés virevoltants, promeut l’electro-pop racée de notre compagnon de voyage sonore et mental, qui livre pour finir son La dernière parade (feat. Luz) loufoque et tout aussi génial que le reste, entre changements de rythmes et nappes de claviers décisives, aussi spatial qu’enlevé et intense.

L’ensemble formant un album de haute volée, différent, inventif, sans aucun faux pas.