The Pregnant Dancers – Rebirth

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The Pregnant Dancers constitue l’extension de Forceps, auquel deux autres musicien se joignent et qui se met de ce fait à Danser Enceinte…pour dès ce EP imposer un style époustouflant, entre Sonic Youth, My Bloody Valentine (ce merveilleux Disappear) et…une alchimie personnelle complètement addictive, qui n’hésite pas à recourir à l’electro ou aux longs formats pour draper l’auditeur dans ses vêtures dont les mélodies chatoyantes se confrontent à une instrumentation insoumise.

L’effet est tout de suite énorme (New York City, sa basse joufflue, ses guitares bourrues et son ton encanaillé, imparable, souterrain et j’en passe…), la cohésion étonnante et détonnante, et le bien nomé Rebirth passionnera jusqu’en ses derniers instants l’amateur de rock hybride et 90’s dans l’âme sans pour autant s’avérer identifiable, loin s’en faut, à l’arrivée.

Arrive ensuite le Disappear nommé plus haut, aux vocaux mélodieux qui imposent une alliance contre-nature, parfaite, avec des guitares obsédantes. A la fois strident et psyché, entre la troupe de Kevin Shields et la splendeur d’un Nowhere signé Ride, voilà un second titre de feu, au bout duquel on n’est toujours pas au bout de nos (superbes) surprises.

Falling stars, le titre suivant, ralentit en effet la cadence pour livrer de superbes plages de guitares, fines et mordantes, et un chant une fois encore enchanteur, le tout sous le joug d’une rythmique au diapason. La répétition des motifs sonores fait naitre un état de semi-dépendance que la totalité des morceaux présentés perpétuera.

Ce sera donc le cas d’un Happiness court mais adroitement ficelé, electro et à dominante spatiale, aux sons tordus et basé sur un rythme de plus en plus soutenu. Cette fois encore, la réussite est au rendez-vous et les Pregnant Dancers offrent alors leur morceau de bravoure: Rebirth, plus que jamais judicieusement nommé, et ses douze minutes entre kraut, tons cold, plaies noisy d’époque et sons, qu’ils émanent de la guitare, volubile et génialement déjantée, ou des autres instruments, “emprisonnants”. A aucun moment, le groupe ne faute ou dérape, et même son Leaving remix de New Yrok City, qui avoisine les dix minutes, parviendra à nous tenir en haleine tout en instaurant une “psyché-cold electroïde” proprement hallucinante. Dans un même mouvement rythmé et haut perché, dans un entrelac de sons dont le quatuor détient le secret, cette ultime réalisation fait de Pascale Py et Jean Martin, les deux membres fondateurs, et leurs compagnons de déviance sonique, une révélation qu’il va falloir mettre au plus vite en valeur, aussi créative que singulière et amenée, si son chemin se fait sereinement, à de brillantes sorties.