Swilson – Demonology

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Groupe contenant…pas moins de huit personnes dont trois officient au micro, Swilson évolue sous l’influence, digérée, des Black Lips, du Brian Jonestown Massacre, de Black Sabbath (?) ou des Thee Oh Sees. Il pratique ce que la bio appelle un Satanic psychedelic loner rock, représenté ici par douze morceaux de haute volée qui vont de l’acoustique vicieuse (Planet of sex) au rock’n’roll le plus crade qui puisse être, jouissif (Polyester shirts polyester pants puis Stealin’ chickens, formidable entrée en matière) en parcourant le spectre rock avec un brio qui jamais ne se dément.

Ces deux morceaux courts et mordants ne donnent qu’une idée réduite du talent et de la maestria du groupe, qui s’adonne ensuite à un rock plus leste sur Electric aborigine en maintenant une qualité maximale. Demonology passe un peu du coq à l’âne en demeurant passionnant, et réduit son propos à l’essentiel, ce qui lui permet de ne jamais sombrer dans le démonstratif. On est même à l’opposé de ça et c’est sur cet opus l’énergie et l’esprit garage qui priment, la liberté de ton aussi, ce que démontre Plastic flower melting sun, noisy et braillard, que suit White witch black witch, dans la même veine et punky dans la vigueur dégagée.

C’est ensuite le lo-fi Rats with wings qui clôt la face A du disque, avant un second volet moins généreux en chansons (cinq contre sept pour le début) mais tout aussi abouti dans cette géniale approximation et sur le plan qualitatif.

Une parodie de chanson d’amour, chantée en Français dans un premier temps (La diosa verde), délicate, introduit avec classe cette seconde face, plus posée et qui livre des trames à dominante acoustique comme le folky Dealing in death. Swilson signe des réussites à la pelle et enchaine avec un format plus long, orné par un accordéon qui trouve merveilleusement sa place dans un canevas pop-psyché à l’ancienne assez bluffant, nommé When it’s dark.

Enfin, Demonology et son jeu de guitare sobrement associé à une voix dénuée de tout effet, son ambiance “coin du feu”, puis la folk un peu plus vive de Swilson’s 666th nightmare, décorée avec trois bouts de ficelle…et avec magnificence, entérinent les nombreuses vertus d’un opus dépouillé et hautement conseillé, à l’exact opposé des productions léchées et surproduites qu’on trouve régulièrement en nombre élevé.