Câlin – Black Chinese II

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Issus du groupe Grenoblois Rien, Yugo Solo et Francis Fruits se voient confier, au hasard d’un détour impromptu par Gstaad, la réalisation de la BO de son film (Black Chinese II) par John Simpson.
Transis et dans un état second ou limite, les protégés de l’Amicale Underground relèvent le défi et profitent de l’aubaine pour imposer leurs exigences; Fred Monestier à la prod, des featurings de Anna Barie de These are Powers et de Nick des Lazer Crystal, et paraphent alors une dizaine de titres étourdissants, entre scène electro-cold berlinoise, 80’s et electro-pop haut perchée (Les filles c”est du Chinois, dernier titre et seul réel long  format de l’oeuvre en présence).

Doués, les mecs de l’Isère partent d’une trame presque commune, bien que frappée du sceau d’un certain brio synthétique (Black Chinese (end titel)) qui sert d’intro à un défouraillage rock-hard nommé Le foot c’est le pied, à la voix aigüe remarquable. Guitares FM et pourtant géniales, claviers bavards et dynamique electro-rock dynamitent ce second morceau, qui laisse ensuite la place à d’autres standards issus des goûts et de l’inspiration des deux énergumènes.

C’est le cas de Le club de la destinée, remuant, qui en réconciliera un certain nombre avec les instrus synthétiques, et plus encore de Robot wigger et ses voix à la fois sensuelles et effrontées, complétées par des parties vocodées que prolongent des grattes une fois encore aiguisées et torturées (à moins que ce ne soit les claviers et si c’est le cas, l’utilisation qui en est faite est renversante). Et après ça, c’est à Massive Attack qu’on pense sur Love rainbow, sombre et traversé par des six-cordes aussi discrètes que leur apport est grand.

On en est alors à la moitié de l’oeuvre générale et on peut se repaitre de Don’t worry habibi, claviers froids puis “riffant” ensuite remarquablement et chant détaché, “classieusement” maniéré qui laisse ensuite place à ces mêmes keyboards trépidants, faisant merveille. Fight (combat pour l’esthétique), sur une cadence plus hachée, se distinguant ensuite sans coup férir en s’appuyant sur une recette simple et merveilleusement investie: chant traficoté et claviers aux nappes sobres et teintées de génie.

Ce n’est pas fini puisque le planant, compact et acidulé No wave no surf, aux sons derechef magiques, Berlinois dans leur texture, complète la BO de superbe façon. Le mot de la fin, avant le Les filles c’est du Chinois nommé plus haut, revenant à Attentif ensemble qui assure l’équilibre entre plages dotées de chant et travaux instrumentaux (Câlin ayant la bonne idée, nous les louerons pour cela, d’utiliser la voix de façon large), pour donner naissance à un ouvrage remarquable, hors du commun et appelé, vu l’engouement, justifié, et les ventes effectuées, à faire date sans que cela ne soit usurpé.