The Patriotic Sunday – Actual fiction

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Projet initié entre autres par Eric Pasquereau, de Papier Tigre, The Patriotic Sunday en est avec Actual fiction à son troisième opus. Il y confirme l’évolution entrevue sur Characters, l’effort précédent, et durcit le ton sans se départir de l’élégance et du savoir-faire pop-folk qui le caractérise.

Grey hair, le titre d’introduction, démontre bien cela en étalant dans un premier temps au grand jour une splendeur vocale incontestable, doublée d’une belle délicatesse, avant que le canevas ne gagne en rugosité, d’abord sur un ton pop aux voix entremêlées magnifiques, puis à l’aide de plages auxquelles les déflagrations de la guitare et un chant plus hargneux donnent du coffre. L’amorce est probante et d’emblée, on comprend que The Patriotic Sunday a placé la barre très haut. A l’image de Hey Hey My My sur son dernier album, le nantais et ses acolytes réussissent la prouesse de doser avec justesse leur folk, de bien le positionner entre élans cotonneux et mordant rock, et confirme sur l’alerte et caressant A set of seemingly disconnected words (de superbes voix féminines songeuses s’ajoutent à celle des bonshommes de la troupe) cette capacité à jongler entre les tons. Plus poppy et tout aussi réussi, il précède Self employment, avenant et gentiment piqué par des guitares elles aussi magnifiques, qui se font orageuses sur la fin.

On pourrait décrire ainsi chaque morceau d’Actual fiction tant le contenu dans son intégralité est digne d’intérêt, entre le tranquille Quiet & slow, strictement folk, et Pigeonholed qui clôt les débats selon une acoustique chatoyante.

Entre les deux, l’excellence est bien sur de mise et Coathanger in the party room exhale la fraicheur pop-rock liée à l’album, en alternant allant des guitares et instants folk moins bourrus. Là encore, l’équilibre est atteint et T.P.S. peut ensuite dérouler librement sa dextérité, sur Everyman’s voice et ses discrètes séquences electro ou le noisy et d’humeur changeante Belgrade. Associés à des essais folk tel I’ll talk if you know what to say, ces chansons forment un ensemble sans faux pas et sur les riffs bien sentis de Wet blanket, enjolivé par les organes vocaux de Caroline Aubert et Astrid Radigue, ou encore The fire, aux six-cordes aussi mordantes en son début, dont la flamboyance se voit cinglée par ces mêmes guitares, l’effet est saisissant.

Parfaitement abouti donc, Actual fiction marque l’évolution, appréciable et entièrement maitrisée, d’un superbe groupe avec lequel, on n’en doutait guère mais la confirmation est ici éclatante, il faudra forcément compter.