Rumble in Rhodos – Signs of fervent devotion

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Issu de Norvège, Rumble in Rhodos ne joue pas les vikings et, en dépit d’un côté un tantinet screamo heureusement modéré, étoffe son énergie punky d’atours bien construits, pour au final proposer un style hybride, difficile à appréhender et à classifier mais qui, sur la durée et après un effort d’adaptation, séduit les plus perspicaces.

Aussi énergique que mélodique, animé en certains endroits par des plages dansantes (White dancing) ou dispensables (Effervescent waves), Signs of fervent devotion cogne et affiche un allant vite communicatif (Celebrate the abundance, très bonne ouverture) que des brèches 80’s étayent avec brio. Les Scandinaves en sont à leur troisième fort et la cohésion commence à (bien) prendre, les soubresauts de Carve visage, autre réussite aussi remuante que finement ciselée, provoquant des fourmillements dans les gambettes.

Au milieu du parcours, le rythmé Bold not tragic met en exergue des synthés bavards et des voix qui se répondent et de façon générale, si on décèle ça et là des éléments musicaux reconnaissables, l’ensemble sonne de façon singulière. Il reste certes à dégrossir, mais le groupe est incontestablement en voir de personnalisation, avancée, d’un genre destiné à lui appartenir, affranchi d’influences d’ailleurs très peu identifiables.

De plus, il a le bon goût de ne proposer que neuf morceaux au total, évitant ainsi d’ “user” un auditeur que la juxtaposition stylistique inhérente à une telle oeuvre pourrait lasser, mais que la fin d’album continuera à enthousiasmer, entre Soft insulated days, fougueux et saccadé, un Ruins qui valorise les bonnes idées sonores du quintet, et pour finir Different orbits, moins tapageur, plus nuancé et non-moins adroitement érigé, dont la relative douceur crédite un opus réussi, porteur d’une identité appréciable.