Les Vers Solidaires et leur belle pluralité….

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Festival désormais reconnu, Les Vers Solidaires font preuve de diversité et allient l’utile à l’agréable en proposant concerts et découverte du milieu associatif par le biais d’un village implanté non loin de la grande scène, par ailleurs particulièrement impressionnante.


Les Blaireaux

Cette année, la pluralité était de mise et bien qu’on n’ait toujours pas au programme de groupes un tant soit peu « underground », tout un chacun peut y trouver son compte, notamment les fans de rock festif usé, très prévisible mais, il faut le dire, efficace et extrêmement fédérateur. Des Blaireaux, contestables dans le créneau pratiqué mais doués d’un charisme scénique imparable, aux Ramoneurs de Menhirs et leur punk-rock réminiscent d’une scène datée et ayant depuis vieilli, au discours ne portant guère plus, stérile mais, eux aussi, redoutables sur le plan scénique avec leur formule folklore breton/punk à la Béru, les Vers Solidaires sont parvenus à captiver un public fourni, qui se fidélise d’année en année pour cet évènement champêtre et bon enfant, détendu tout en affichant le professionnalisme nécessaire à sa bonne tenue.


Les Tambours du Bronx

Entre moments forts, marquants (les Tambours du Bronx et leur mixture indus/expérimental ébouriffante, la joliesse du répertoire d’Eskadi et, dans un degré moindre, Babylon Circus et sa grosse présence), découvertes sympathiques (Goayandi et ses accents dépaysants, Dobet Gnahoré et son registre africanisant, dansant et non dénué de vigueur), groupes « surprise » encore perfectibles (Ca m’épuise la cuisse, 32m2 ainsi qu’une formation ayant joué sur la scène boisée située sur le côté) et relatives déceptions (Masala, trop démonstratif, qu’on attendait plus « bourru »), le festival axonais s’avère accompli, attrayant, et on le quitte en se disant qu’on y reviendra, quand bien même on n’est pas entièrement en phase, à l’origine, avec les mouvements musicaux qu’il met en avant.


Babylon Circus

Il n’empêche, son éclectisme, la qualité de bon nombre de ses lives, son positionnement entre groupes plus ou moins reconnus et trouvailles de taille et son cadre boisé en font un quasi-incontournable du genre, dans une Picardie encore trop peu fournie en faits de ce genre. Et on y remettra les pieds avec plaisir, dans la perspective de découvertes nouvelles et d’autres gifles similaires à celle assénée par les Tambours du Bronx, qui prendront le pas à l’arrivée sur les concerts un peu trop « calculables » et les légères déceptions qui se présenteront.

Photos William Dumont/Camille Battez.