Applause – Where it all began

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Groupe belge au chanteur français, Applause pratique une pop (trop) polie, qu’il présente sous un panel varié mais souvent empreint d’une “coolitude” qui, à la longue, dessert le tout sans pour autant en altérer singulièrement  l’intérêt.

De relents “cool soul” (It’s about time, All about you en ouverture) en essais pop façon Radiohead en moins léthargique (Road to nowhere), heureusement marqué par des guitares subitement agressives, le quintet ne démérite pas, mais n’affiche encore que trop épisodiquement cette créativité, cette touche personnelle qui le ferait plus crédible, moins immédiatement rattachable à ses influences. Les chansons sont bonnes, agréables à l’écoute, étayées avec soin (Black sand et ses claviers sobres), et quand bien même la voix de Nicolas Ly s’avère plaisante (Hope you’re better et ses cuivres détendus, qui a le bon goût de sortir occasionnellement de sa torpeur), on ne peut se départir d’une impression, légère, de déjà entendu.

Il n’empêche, il y a dans cet album une sorte de fièvre sous-jacente qui le distingue, et une belle capacité à composer (l’excellent It’s about time). Applause aura donc à creuser ces aptitudes et à faire preuve d’audace, Witches et son rythme electro vif, à l’esprit rock, impétueux, le créditant également grandement. On court même le “risque”, si on parvient à oublier que d’autres pratiquent déjà selon le même mode pop, de s’enticher d’une bonne partie des compos présentées, qu’elles soient trop proches de Jeff Buckley (Feelings), ou nappé de cordes dispensables (The woods, au climat finalement assez prenant, faussement serein). D’autant que dans la foulée, le fiévreux A way out of blue, qui faut preuve de cet allant perdu par le plaintif Thom Yorke et son groupe, et d’un mordant bienvenu, s’impose sans difficultés. Et si on retombe ensuite dans un canevas plus démonstratif, sur Where it all began, il est à noter que le tout est assez bon pour qu’on réitère l’écoute, en attendant bien sur qu’Applause trouve, de façon plus marquée, sa propre voie. La démarche est donc inachevée, logique pour un groupe encore “vert”, mais les bruxellois semblent dotés des prérequis pour la mener à bien. Ils le prouvent ensuite sur White funeral, à l’electro sombre, assez envoûtant, avant de nous faire don de deux “bonus tracks” extraites de leur EP; la première, subtile mais elle aussi marquée par Buckley, et la seconde, plus intéressante, délicatement psyché et ornée par des sons bien trouvés.

Au total, on obtient un bon album, signé par un groupe dont les possibilités le rendent forcément perfectible car évidemment assez doué pour se démarquer de façon plus tranchée que sur Where it all began, et continuer à élaborer des essais nerveux ou assombris comme ceux décelables ça et là sur l’opus. Ceci sans délaisser pour autant, bien sur, la grâce vocale et instrumentale qui le caractérise.