Megafauna – Larger than human

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Trio issu du Texas et doté d’une voix féminine aussi charmeuse qu’enragée, Megafauna perpétue une certaine tradition 90’s et offre des bourrades grungy de bon aloi, sans cependant se limiter à cette démarche.

En effet, des plages plus psyché, ou de tournure plus complexe, à tendance expérimentale, viennent compléter l’ouvrage, de ce fait plus probant encore, même dans ses accalmies (Wiret appers), lesquelles, d’ailleurs, laissent ensuite place à des accélérations elles-mêmes suivies de climats gentiment jazzy. On suivra le groupe dans tout ce qu’il met en place, dans l’énervé (un excellent Hug from a robot en ouverture, aux riffs imparables), comme lorsqu’il se fait plus saccadé (Butter cookie), dans une tension sous-jacente qui finalement se libère dans un geyser grungy-stoner du plus bel effet.

Ensuite, Megafauna se fait subtil, acoustique même, le temps de l’amorce d’un Silver lining à la pop-rock d’abord atmosphérique, presque psyché, puis Speck, aussi 70’s que 90’s, libère de façon hachée, et mélodieuse, une certaine explosivité, teintée d’instants torturés évoquant entre autres la scène de Seattle. La voix de Dani Neff donne du cachet à ce bel ensemble, de même que ses riffs acérés (No humans) et derrière, la section rythmique formée par Will Krause et Cameron Page, parfaitement ajustée, soudée, le charpente sans fléchir. Sur ledit titre, plages lestes et embardées plus virevoltantes voisinent avec bonheur, puis Machines in the sky laisse libre cours au versant expérimental du groupe, sur son début, avant de donner dans un rock grungy tendu et nuancé.

La palette est donc large, le massif et trépidant Two headed girl faisant ensuite lui aussi ses preuves, porté par des six-cordes rageuses et une cadence changeante, tantôt rapide tantôt plus lourde. On oscille ici, comme à certains autres moments du disque, entre le rock 70’s et celui des 90’s, Megafauna en réalisant un amalgame de belle facture.
C’est ensuite parti, sur Monsters sleeping, pour un rock une fois de plus bourru et racé, vrillé par ces guitares étincelantes, probantes à chaque instant. Canada met ensuite en lumière des grattes à la Led Zep, ou Soundgarden, et les mélodies du chant se frottent à cette instrumentation caractérielle pour enfanter une nouvelle réussite, posée sur ses deux dernières minutes.

Sur la fin, Fun at the apocalypse alterne pop-rock subtile et pointes punk-rock alertes. Et l’ultime chanson, Sign says, use de bruitages electro avec sobriété pour enchainer avec un rythme asséné, une ambiance aux mélopées tourmentées, qui semble mettre un terme à l’album..avant un bonus track finaud, plutôt pop-rock, relevé par les guitares de Dani. Avec pour effet final la découverte d’un album brillant de bout en bout, oeuvre d’un groupe certes “débutant” mais rodé à la scène (de nombreuses dates déjà effectuées) et d’ores et déjà grandement recommandable sur disque.