Revok – Grief is my new moniker

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Projet incluant des membres aux projets parallèles variés (Do you compute, Brume retina etc…), Revok sort son second album, fait d’une musique difficilement classable. L’ambiance peut y être lourde et subtile (Tunnel), saccadée et “braillée” du point de vue du chant, avec structure complexe (Mile end), et le tout se hisse à un très bon niveau, entre post-hardcore, noise et relents post.Le titre éponyme, Grief is my new moniker, développe même une sorte de psychédélisme massif parfaitement réussi, et de subtiles mélodies émanent des guitares de To serve more.

Le propos est donc large mais cohérent, et l’expérience des musiciens permet un contenu à la fois tourmenté, âpre et probant, d’une brutalité bien diluée. Intense, Grief is my new moniker pourrait se situer entre Neurosis, Earth et The jesus lizard, mais livre avant tout le résultat d’une alchimie groupale affirmée. On respire sur le break de Somewhere between nowhere and goodbye, superbe et mélodieux, puis la basse de Cyril Delattre introduit sur Ephemerol skies une trame mesurée, à la voix posée et faite de saccades rythmiques appréciables. On revient sur la seconde partie à des plages plus brutales et la méthode prend bien, avant Caught in the shelter, pesant mais allégé par les six-cordes fines de Jérome Sigonneau et Eric Jamier. La frappe de Michel Villar charpente le tout et le chant de Fabien Goutherot, hurlé ou plus atmosphérique, donne du cachet à l’opus.

Celui-ci ne faiblit d’ailleurs aucunement en sa fin, Constellation of black holes et sa succession entre coups de boutoir soniques et instants moins frontaux, puis The glowing edge, massif dans le son, songeur dans le chant, sombre comme la plupart des titres de l’album, faisant eux aussi état d’indéniables qualités.

Il en découle un bon disque, qui nécessitera plusieurs écoutes avant de pouvoir l’apprivoiser, à l’image de ces oeuvres qu’il faut “aller chercher” et dévoilent au fil du temps mille et une richesses.