Cake – Showroom of compassion

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Après sept ans d’absence, voici (re)venir le groupe de Sacramento avec un sixième album plaisant, “épicé” par les éléments caractéristiques de la clique de John Mc Crea: trompettes appuyées, guitares nerveuses (Federal funding) ou cajoleuses (Got to move), rythmes francs (Long time, excellent, doté d’une basse magique), voix immédiatement reconnaissable et bien sur, ce brassage des genres jadis initié par le tout premier album, Motorcade of generosity, et plus encore par Fashion nugget en 1996.

On ne sera pas surpris, la recette ne variant pas d’un iota, mais le plaisir demeure et Cake signe un album tout à fait estimable, dans ses instants pop-folk (What’s now is now) comme sur le rock groovy de Mustache man, où quatre-cordes rondelette et six-cordes mordantes puis plus funky élaborent une bien belle trame. L’étayage musical livre des sons ingénieux et au final, on arrive pratiquement au même niveau, élevé, que sur les oeuvres précédentes, le seul “tort” du groupe étant de n’apporter aucune réelle touche novatrice à un genre qui pourrait de toute façon se suffire à lui-même, mais dont on aurait surement approuvé qu’il se pare d’éléments inédits.

Ne faisons pas la fine bouche, il y là de quoi se remuer les gambettes et passé l’atmosphérique Teenage pregnancy, à la dominante instru doucereuse puis d’humeur variable, aux voix éparses mais marquantes par la folie qui s’en dégage, Sick of you et son ton à la fois bourru et mélodique confirme la bon tenue du tout. Son refrain et ses guitares au riff malin le rendent attachant, voire addictif, de même que ses volutes d’orgue et dès lors, au son entre autres de vocaux qui se font hip-hop, nous voilà repartis à nous trémousser, avant de céder aux sonorités de Easy to crash, mid-tempo d’une certaine classe, rock et leste.
Showroom semble être un opus qui se révèle sur le temps et dévoile au fil des écoutes une foule de détails décisifs, et la country de Bound away vient ensuite solidifier et créditer un retour judicieux. La palette est large, ouverte et maitrisée et Cake ne “plante” à aucun moment, quand bien même on aurait préféré une fin plus nerveuse, entre The winter et ses atours posés, assagis, et Italian guy, enjolivé par des cordes, lesquels s’avèrent cependant largement écoutables.

Showroom of compassion ponctue donc de belle manière un come-back gagnant, qu’on espère confirmé, à l’avenir, par des lives encanaillés et débraillés qui crédibiliseront d’autant plus ce bel opus.