Beat Mark – Howls of joy

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Groupe “récréatif” de deux membres d’Adam Kesher, Julien et Gaëtan, lesquels se sont assuré les services de Karin au chant, Sylvain de This is pop et Chloé, l’ex batteuse de Yussuf Jerusalem, Beat Mark s’adonne sur ce premier album savoureux à un revival noisy-pop/shoegaze façon Pains of being pure at heart, dans un esprit garage appréciable.

Il résulte de cette démarche un album impeccable, au chant “en couple” évoquant entre autres les Vaselines, et treize titres merveilleux. Dès What I want the most, on replonge avec délices dans les 90’s, qui sont d’ailleurs le trait commun aux personnes du groupe, et le quintet se hisse sans peine au niveau des icônes noisy de l’époque. Le son est lo-fi, parfaitement adapté, le rythme souvent soutenu, les mélodies pop-garage font mouche, de même que les choeurs, superbes (Breezing!), et ces guitares brouillonnes remarquables. On pense à une pléthore de groupes noisy, des Raveonettes aux Mary Chain dans leur versant le plus pop, au My Bloody Valentine des débuts, aux Dum Dum Girls aussi, et on se laisse porter par ce disque rafraichissant, entièrement réussi, dont les guitares volubiles (Saw a cold mirror) ajoutent au charme déjà conséquent.

De mélopées sucrées en souillures noisy “d’époque”, Beat Mark et son bien nommé Howls of joy démontrent d’une part que les “side-projets” sont très souvent d’un intérêt qui n’est plus à démontrer, et signent d’autre part l’un des meilleurs albums de l’année. Et lorsqu’ils baissent la garde du point de vue du tempo adopté (Purple glow), le rendu est tout aussi probant. On appréciera également le tranchant rock’n’roll de l’amorce de Am I five, auquel succède une partie plus pop, bardée de voix et six-cordes shoegaze de caractère, ou le bien nommé Electric, qui grince et laisse à peine percer les voix, comme dans un certain Isn’t anything (remember Feed me with your kiss), et le côté noisy-folk de l’éponyme Howls of joy achèvera de faire de ce disque une oeuvre de choix. Les voix associées enchantent et on se rend compte, par le biais d’un tel opus, que le genre “sonne” encore à l’heure actuelle. Des motifs chatoyants étayent ce titre, et les morceaux placés en fin d’album vont bien sur confirmer le constat, de When the tree fall et sa pop claire, magnifique, à un Odd machine terminal minimal dans le rythme, élégant et dépareillé à la fois comme le sont la plupart des standards noisy, en passant par Cool fur, retenu puis affirmé, pour en arriver à un disque étincelant. 

L’une des plus belles surprises récentes, donc, et le gage d’un vif plaisir pour qui se réclame des 90’s et de ce courant noisy plus que porteur, remis ici à l’honneur avec panache.