Hushpuppies – The bipolar drift

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Troisième album d’un groupe à l’origine perpignanais, qu’on ne présente plus, sa réputation n’étant plus à établir,The bipolar drift confirme de façon brillante le parcours du groupe, sans écarts, et aligne  onze perles qu’on qualifiera de “pop”, ce genre étant ici décliné selon plusieurs modes.

Du Open season d’ouverture, qui monte en puissance à partir d’une dominante instrumentale avant qu’Olivier Jourdan n’impose sa voix racée, à Twin Sister qui ferme la marche de façon d’abord légère, animé par des claviers avenants, avant de hausser le ton, aucun faux pas n’est à déplorer. Et bien qu’ayant connu la disparition de son label précédent, Diamond Traxx, le groupe du guitariste Cyrille Sudraud, loin de baisser les bras, semble même se bonifier avec le temps, désormais dépositaire d’un genre attrayant et personnel.

Entre Okinawa living stage, dont les choeurs suffisent à eux-mêmes à en faire un indispensable, Stop et sa basse reptilienne qu’épaulent des claviers funky déjantés et des guitares massives, les touches…funky dans le chant, justement, de Low compromise democracy, qui gagne lui aussi progressivement en intensité -c’est une spécialité, bien maitrisée, du groupe-, et l’alerte Zero one, à l’ornement doucement cold en certains endroits, le début d’album est de belle facture et, les “Hush”, comme on se plait à les appeler, n’ayant pas pour habitude de baisser la garde sur ses fins de disques, la suite s’avère être de même teneur.
Every night I fight some giant, posé, apporte un répit, pertinent, à The bipolar drift, et un côté aérien plaisant, puis le tubesque et immédiat Frozen battle s’impose comme l’un des nombreux atouts décisifs de l’opus, par sa force rock et son refrain de ceux qu’on braille en choeur. On aime le groupe dans cette option urgente et A dog day nous en remet une louche, avec ses accélérations signées Frank Pompidor, pour confirmer la forte impression laissée par un ensemble varié et solide.

Poison apple, plus saccadé, étoffé par les synthés, aussi justes que bien distillés, de Wilfried Jourdan, porteur d’un climat retenu mais menaçant qui ensuite explose sous la férule, entre autres, de la basse de Guillaume Le Guen qui ponctue remarquablement le tout, puis Rodeo, soft mais
cadencé, apportent ensuite leur touche à ce bel essai, stylé et aussi élégant que savamment dépenaillé, qui prend fin sur le Twin sister décrit en début de chronique.

A la sortie de The trap, nous nous étions vite entichés de ce groupe dont l’apparition rafraichissait grandement notre scène et cinq ans après, avec un tel disque, cet état de fait se renforce, les Hushpuppies ayant de surcroît la “bonne idée” de se distinguer tout autant sur le plan scénique.