Viva and the Diva – Viva and the Diva

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Sorte de “supergroupe” incluant Sir Alice, Arnaud Roulin (Poni Hoax, Paris), Mark Kerr (Rita Mitsouko) et Maxime Delpierre, rassemblés par le dernier nommé, Viva and the Diva s’est formé suite à Jazz à la Vilette, Maxime ayant été sollicité et obtenu carte blanche pour apporter sa contribution à l’évènement.

Depuis, le groupe a effectué quelques dates significatives, dont une première partie de Throbbing Gristle, et imposé, par le biais entre autres de ce cinq titres de haute volée, son univers éclectique, souvent déjanté mais cohérent au possible, accessible sans jamais se montrer conventionnel.

Le premier titre, Maria Magdalena, plante un décor tendu, cold, que la voix de Sir Alice, entre sensualité canaille et élans enragés, pervertit à loisir, et tape d’entrée dans le mille. Porté par des guitares lancinantes et offensives, un rythme soutenu et obsédant et une basse massive, il justifierait presque à lui seul l’achat du EP, mais on va voir que les plages suivantes ne sont ps en reste sur le plan de la qualité et font mieux que d’étayer le discours et l’univers de V.A.T.D.
Across the universe, le second, instaure un mid-tempo d’envergure, plutôt subtil, chanté avec superbe, d’obédience pop, mais une pop à la Sonic Youth façon Rather Ripped, déchirée par des lézardes noisy, et trouve en Pump up un parfait successeur leste, indus, retenu, à l’arrière-plan troublé. Le groupe saute un peu du coq à l’âne, mais le rendu est sans écarts et laisse augurer d’un album à venir lui aussi accompli.
Sur The story, on trouve une amorce nuancée, puis le rythme pend de l’ampleur et les synthés, 80’s en diable, mènent la danse. La trame est bien équilibrée entre new-wave et trouées cold, et on sent que Maxime Delpierre, avisé, a su s’entourer comme il le fallait, dans le but d’obtenir un résultat décalé.

En guise de dernier morceau, Substitute et ses sons ici aussi obsessionnels, greffés à un canevas à la fois posé et remuant, au carrefour des genres, plonge son monde dans un climat répétitif, froid, qui sort à l’occasion de sa retenue pour livrer des dérapages noisy et imposer une batterie tribale, le tout se montrant irréprochable, avec ce gout de reviens-y du à un bel amalgame entre passéisme bien réinvesti et modernité dans le son.

Un excellent EP, donc, qui incité d’ores et déjà à un intérêt de taille pour Viva and the Diva et laisse à penser que l’album sera à la hauteur de prestations scéniques jusqu’alors intenses.