The Love Me Nots (+Twin Twisters et Slit Plasters) à la G.A.M.

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Avant les Buzzcocks, prévus le 12 mai, et après plusieurs dates accomplies, la salle creilloise nous faisait la surprise d’accueillir, en ce samedi d’avril, The Love Me Nots, groupe américain pratiquant un rock’n’roll fonceur, haut en couleurs et mâtiné de parties de Farfisa, mené par deux “donzelles” aux apparitions que l’on n’oublie pas, sans parler d’un batteur diablement énergique et de ce guitariste à la fois classe dans son accoutrement et “défourailleur” dans ses interventions.Les régionaux de Twin Twisters et les Slit Plasters ayant l’honneur d’ouvrir, la soirée fut donc intense, Hugo et Christophe inaugurant donc les festivités, installés sur une petite scène au pied de la grande, dans un espace réduit convenant parfaitement à leur rock’n’roll teigneux et à leur formule en duo.


Twin Twisters


Twin Twisters

Percutant, mis en valeur par les poses d’Hugo, les mimiques et le brio de Christophe à la batterie, le set de la paire, à la cohésion en très bonne voie, a engendré un premier bon moment, quand bien même, et cela n’engage que moi qui les ai déjà vus maintes et maintes fois, les deux picards devront à l’avenir donner plus de coffre encore à leur répertoire, probant et sans faux-pas aucun mais encore légèrement influencé (positivement influencé, soulignons-le).


Twin Twisters

Néanmoins, la fougue des Twin Twisters, le très bon niveau de la totalité des morceaux et la douce folie insufflée dans leur jeu les créditent grandement et fait d’eux de sérieux espoirs, réfléchis et doté d’évidentes capacités, qu’on prend immanquablement plaisir à voir évoluer sur les planches. Evolutif, leur univers sans concessions évoque de grands noms et on suivra avec intérêt le parcours de ces deux trublions d’ailleurs bientôt amenés à ouvrir pour Cheveu et Philippe Katerine.


Slit Plasters

Une ouverture à prendre grandement en compte donc, avant la légère déception due au rock’n’roll prévisible des Slit Plasters, prétendument issus du Vatican mais bel et bien Français. Entrainant et enthousiasmant, le rock des quatre garçons manque de tenue scénique, en dépit de morceaux souvent bons, et on sent le groupe en quête d’identité. Il donnait en tout cas l’impression, pour l’occasion, de se chercher, faisant passer ses titres à la seule force du poignet, à l’énergie et sans faire valoir de réelle individualité. My ass fury, le trépidant Terremoto ou le racé Hildegard, 5* commando SHE-WOLF; le groupe à des atouts, joue sans écarts et affiche une énergie appréciable, mais on le sent capable de mieux. Il est sur la bonne voie mais encore perfectible et à n’en pas douter, il saura étoffer et solidifier son registre pour atteindre un niveau plus élevé. Ce qui ne l’a pas empêché de livrer une prestation plaisante mais à parfaire, avant les très attendus Love Me Nots dont certains, dans le public, arboraient fièrement les jolis t-shirts.


Love Me Nots

Et le moins que l’on puisse dire est que la clique mixte, jouant avec fougue et une joie évidente, assortie de moments de provoc’ gentillette, une vingtaine de morceaux la plupart du temps directs et tubesques. La brune chanteuse et la bassiste aux sourires enjôleurs y allant d’une jolie prestation, toutes en poses et brio vocal pour la première, plutôt dans le charme fatal pour la seconde, imités en cela par un guitariste complice, aux attitudes elles aussi attrayantes, et un batteur à la vigueur jamais prise en défaut.


Love Me Nots

Entre I’m not okay et le Farfisa génial de Move in tight, ou le plus poppy You don’t know a thing about me et après avoir débarqué sur scène tout sourire, le quatuor, proche de son public et soudé comme il se doit, a enflammé une salle dont beaucoup venaient pour lui et en ont eu pour leur argent -il faut dire que les tarifs de la G.A.M. sont plus que corrects- vu le set, sans failles et sans temps morts ni ennui, qui lui a été offert.
Si le tempo est souvent élevé, les Love Me Nots savent diversifier la teneur de leur rock racé, au atours rétro adroitement reliftés, ce qui leur permet de maintenir un intérêt maximum et de ne jamais générer de lassitude. Il faut dire que le spectacle est autant visuel que musical et il faut bien le dire: le choix de ce groupe en tête d’affiche par l’équipe de la G.A.M. est une sacrée bonne initiative. On remue au son de You’re really something, mid-tempo de haute volée aussi charmeur qu’enragé, au solo marquant, ou de Give em what they want, plus ouvertement colérique, et le groupe fait largement honneur à ses “parents” (Sonics, Seeds, Gun Club et Greenhornes, pour résumer), en même temps qu’il me rappelle que, comble de la joie, j’aurai l’insigne honneur de le revoir pour la seconde fois, à Amiens, ce mardi 12 avril.


Love Me Nots

Pour conclure, la Grange à Musique nous a donc procuré une nouvelle soirée à retenir, et s’impose incontestablement comme un lieu à fréquenter assidument, dans l’attente de la venue de Pete Shelley et sa troupe d’ici un petit mois.


Love Me Nots

Photos William Dumont.