Elysian Fields, charme jazzy et pointes rock sombres à la Mazzy Star.

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A peine remis de l’excellent concert de Cascadeur, la programmation du Temps du Jazz amienois nous offrait, comble de la joie, Elysian Fields et son duo Jennifer Charles (chant), au look évoquant la superbe Hope Sandoval de Mazzy Star, la comparaison valant également sur le plan musical/Oren Bloedow (guitare-chant). Aidés par une contrebassiste et un batteur, un piano ornant également certains titres, les Américains ont mis le public en joie avec leur rock sombre, lancinant, jouant de plus la quasi-intégralité d’un nouvel album flamboyant, Last night on earth, à sortir en mai.

Plus rock, plus tendu que les précédents, ce dernier leur a permis un set passionnant, entre les poses d’Oren et le désanchentement…enchanteur de Jennifer, et varient entre ouvertures jazzy feutrées ou plus canailles (Red riding hood et son chant, signé du premier cité, entre Nick Cave et Tom Waits, tendu par une guitare rock (on parlait de Mazzy Star; sachez que dans le style, on n’est pas très éloigné, ici, du jeu de David Roback, l’alter-ego de la dame Sandoval). Les parties de contrebasse, bien en relief, et la batterie, effacée ou plus présente, toujours au diapason de l’ensemble, et la ténébreuse sensualité de l’ensemble contribuent à faire de cette venue, d’autant moins “ratable” que le groupe joue peu par ici, un temps fort. Elysian Fields possédant de toute évidence, à l’image d’ailleurs de Cascadeur et de la plupart des artistes invités, son univers, personnel et singulier. Le quatuor oeuvre ensemble depuis 1995 et sa cohésion, de même que sa marque de fabrique, ce rock noir, subtil, agrémenté d’élans jazzy exécutés avec maitrise, ne sont bien sur plus à démontrer.

Les nouvelles chansons, entre un Sleepover magnifique qui n’aurait pas dépareillé sur So tonight that I might see, Jennifer se montant impressionnante dans le chant et irrémédiablement attirante dans le ressenti exprimé, ce Villain on the run au folk-rock mid-tempo de taille, ou encore Last night on earth, spatial et éthéré, étiré aussi, pourraient même porter le groupe à un  niveau plus élevé encore, et le font évoluer dans la continuité. Sweet condenser, aussi et entre autres, avec sa légère touche orientalisante et sa musicalité de tous les instants, ajoutant à l’attrait du show proposé, auquel viennent s’adjoindre Chance et son jazz-rock dans un même mouvement souple et bourru, et deux ou trois titres d’autres opus, dont Where can we go but nowhere, lancinant et faussement calme, ou ce Barely recognize you extrait de Queen of the meadow, aussi hautement intéressant que le reste.

Le groupe reviendra d’ailleurs trois fois, à l’initiative d’un public aux anges et dont la plupart ont surement, en cette occasion, effectué une découverte de choix. Et finalement, il devient très difficile, entre Rodolphe Burger, Joy, Dez Mona, Cascadeur ou Elysian Fields, d’avoue rune réelle préférence tant leurs shows respectifs se sont avérés accomplis.

Photos William Dumont.