Rubin Steiner & Ira Lee – We are the future

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Né suite à l’aide demandée par l’incontournable Rubin Steiner à Ira Lee, suite à un remix de Bosco difficile à aboutir, cet album est le fruit de leur collaboration commune, Ira se chargeant du chant et Rubin, avec son brio habituel, de l’étayage musical. Il est bien évidemment brillant, le tourangeau ayant pour particularité de réussir tout ce qu’il entreprend, et varié du point de vue des styles. Sur l’amorce, on trouve deux titres hip-hop (le bien nommé Style, rythmé, truffé de sons malins, puis le jazzy-rock Wack freestyle, tous deux parfaitement exécutés), puis Come back to me et ses airs soul matinés de rock et d’electro, Ira faisant preuve d’une verve vocale indéniable. Le côté rugueux n’est jamais ignoré, la finesse du propos se voyant accompagnée de sons, ou de samples, plus tranchants, et l’allant de la plupart des morceaux, doublé d’une belle inventivité, plaide largement en faveur de cette union finalement logique et cohérente.

Un jazz encanaillé dans la voix orne Who killed Charly Brown, subtil, puis des six-cordes remarquables, à l’instar des claviers, décorent elles The luckiest man, fait d’une soul-rap de haute volée. Aussi dansant que cérébral, We are the future est en toute occasion une réussite et le hip-hop est de nouveau à l’honneur sur Get your hand off my records, mis en valeur, lui aussi, par des atours jazzy et des samples bien trouvés.

Plus loin, Taco track exhale une soul-jazz veloutée, aux atours une fois de plus profitables, puis Weird electro hop et les embardées façon French Cow Boy qu’il propose, rappelant également le Jon Spencer polisson que l’on apprécie tant, achève de crédibiliser l’oeuvre commune aux deux hommes.

Il nous reste à ce moment, cependant, trois titres à “tester” et Gay and proud envoie un hip-hop classieux, entrainant, sobre aussi, au refrain fédérateur et immédiatement mémorisable. L’instant d’après, Andy Warhol vampire, trépidant, impose une trame à la fois electro, psyché en certaines occasions, hip-hop dans le chant. Enfin Noise in the city, Ira y insufflant des vocaux déviants sur fond de jazz-rock déroutant, met fin dans la superbe à un opus qui viendra s’ajouter à la longue série des belles références Platinum Rds, entre The Pack AD et C.R. Avery, pour citer les plus récents.