Wayward Gentlewomen, nos Violent Femmes à nous.

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Wayward Gentlewomen, trio bisontin protégé du label Nova Express Records et du fabuleux Lucas Trouble, était à l’affiche du Chaudron Baveur, incontournable caf’conc’ Beauvaisien, en ce samedi de mars. Le lieu, pour situer la qualité de sa prog’, a déjà accueilli Mnemotechnic, sur qui on s’épanche un peu trop actuellement (les brestois n’en sont qu’à leurs débuts, rappelons-le, et appellent confirmation malgré l’excellence de leur panel actuel) et Billy Gaz Station, le groupe des inénarrables Fred Allerat et Mat’ Gaz.

L’occasion  était donc trop belle d’entendre, live, les “underground acoustic songs” des Wayward, qui sur les planches prennent une envergure certaine, et font en outre penser aux Violent Femmes, pour cette acoustique mordante, rugueuse et non-dépolie, ou New Model Army, sur Kelly, par exemple, ou Tiger et son ambiance sensible et modérée agrémentées de guitares grinçantes.

Expérimentés, les Doubistes usent d’un registre entre approche feutrée (In vain) et nombreuses embardées griffues et intenses (Soldier), recourant de façon récurrente à une énergie Crampsienne du plus bel effet et puisant dans leurs trois albums impeccables, qui asseyent d’autant plus leur identité qu’on compte peu de groupes, dans ce pays, pratiquant dans ce registre.
Côté compos entièrement débridées, Don’t wanna go fait entre autres mouche et de façon générale, le dosage entre énergie et sensitivité, allié à de belles aptitudes dans l’écriture et la composition, plaide largement en faveur de ce groupe à prendre en compte, avec ses deux albums parfaits et évolutifs et son EP huit titres inaugural entièrement convaincant.

Une reprise du 1969 des Stooges, influences s’il en est, avec le Gun Club, de la clique, viendra ponctuer cette prestation de taille, Alain (basse), Dav (batterie) et Lew-Han (guitare/chant), ce dernier y allant de sa voix entre Gordon Gano (Violent Femmes) et Justin Sullivan (N.M.A.), affichant une belle cohésion et une vigueur que le poids des années n’altère en rien. Avec au passage de superbes réalisations comme Enter in arena, parfaitement représentatif du positionnement du groupe entre plages mesurées et envolées plus rudes.Le seul regret lié à cette soirée étant lié au peu de monde s’étant déplacé pour l’occasion. Ce genre de groupe mériterait en effet, à l’instar de ses collègues de label et des formations citées en début d’article, (exception faite des Violent Femmes, bien sur, désormais inactifs) d’évoluer devant des assistances fournies tant leur univers, personnel, assure des moments forts et une belle dose de bonheur musical.

Excellente prestation donc,  aux effluves folk-rock, ou folk punk, estimables.

Photos William Dumont.