Buck 65 – 20 odd years

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Ayant dernièrement  pris conscience que ça faisait vingt ans qu’il “enregistrait des bizarreries”, de ses propres termes, Buck 65 s’est mis en tête, partant de là, de rassembler des amis “bizarres”, loin d’être aussi bizarres qu’il veut bien le prétendre, notamment lorsqu’on se rend compte qu’Olivia Ruiz est de la partie, pour célébrer sa durabilité.

De ce fait, le résultat, qu’on aurait aimé déviant, réellement barré, s’avère contrasté, parfois à la limite de l’insipide malgré un trio d’ouverture réussi, entre le hip-hop bondissant de Superstars don’t love, le rap-folk de Gee wiz relevé par la voix de Nick Thorburn, ex The Unicorns, et agrémenté de beaux breaks acoustiques et Whispers of the waves, pièce majeure d’un hip-hop sombre et saccadé, bénéficiant lui de l’intervention de Gord Downie (ex Tragically Hip, remember l’excellent Fully completely et de motifs sonores bien vus.
Paper airplane reste acceptable, bien que plus sirupeux, mais le chant de Jenn Grant fait effet et permet au morceau de surnager, la pop faussement  incisive de Stop, Hannah Georgas étant au “mic”, sonnant ensuite commercial, radiophonique même, et commençant à ternir le contenu de ces 20 années étranges. Et si Zombie delight instaure un côté electro dansant, parcouru d’éclairs fusion, nulle trace d’un réel génie n’est à relever sur cet opus varié certes, mais que la plupart auraient souhaité, et espéré, plus audacieux.

La femme-chocolat intervenant ensuite sur Tears of your heart, qui ne vaut que par ses guitares western, dans son pitoyable registre habituel, avant que Jenn Grant n’en arrive à son second featuring (Cold steel drum) sur une trame hip-hop electro prévisible tout juste relevé par sa jolie voix, Gentleman Reg reprenant après ça le Smaltown boy de Bronski Beat avec Buck 65 pour un résultat fade et qui accentue le côté mercantile du disque.

She said yes, sans surprise, déboulant ensuite sur un tempo leste, animé par une voix narrative elle aussi commune, on commence à sérieusement se désintéresser de l’oeuvre -on a connu le bonhomme plus inspiré-, que BBC et son côté orchestral, chanté par John Southworth, ne suffit pas à réhausser, tout comme Lights out, bon sans atteindre les sommets, par son côté rock amené par des guitares bourrues.

Enfin, Final approach, avec Marie-Pierre Arthur, dans un Français révélateur d’une certaine pauvreté textuelle, confirme les gros doutes émis à propos d’un album dont l’idée de départ laissait présager d’un résultat plus décalé, et la déception qui y est liée. En attendant, tout de même, le prochain effort de Buck 65, libéré de travaux communs ici dommageables.