Landscape – Landscape

0
1096
Projet de Guillaume de Chirac, ici aidé au chant par Nicolas Leroux, d’Overhead et gérant la composition des neuf titres pop chatoyants de l’opus, Landscape avait déjà prouvé, sur un précédent album magnifique, sa capacité à concevoir des formats pop purs, sobres, que le début de cet album éponyme remet en scène pour notre plus grand plaisir.

If you wanted et The great escape approchent en effet la sensibilité et l’envergure vocale d’un Radiohead en faisant voisiner tension retenue et atmosphère ouatée, et s’enhardissent au fur et à mesure de leur progression, le tempo du second dotant le disque au joli digipack d’un surplus de vigueur qu’on approuvera. Celui de Resist, saccadé, troublant la légèreté du morceau, lui aussi flamboyant, avec à propos, Landscape instaurant en cette occasion, de façon définitive, ses paysages sonores d’apparence sereins mais poliment déstabilisés par des élans plus désenchantés.
Resound, qui suit, marche sur les pas de Sigur Ros, de façon trop brève, et nous amène directement à Constant craving, au rythme discret mais présent, le Rhodes de Guillaume et la basse six-cordes de Richard Cousin suffisant à créer une trame de toute beauté, que le chant de Nicolas étoffe avec son cachet habituel.

Landscape n’a pas son pareil pour bâtir de petits hymnes pops désabusés, aux influences perceptibles mais plutôt bien assimilées, et résultant d’un savoir-faire qui lui permet de damer le pion aux références citées ci-dessus, Under statement et son étayage fin et intense attestant de ces qualités.

Il ne manque  à cet album que ce petit supplément d’énergie qui l’extirperait d’un registre presque exclusivement posé, quand bien même la batterie de Free again, par exemple, amène cette vigueur mesurée bienvenue. Mais il se maintient à un niveau plus que respectable par le moyen d’atmosphères, il faut le souligner, magnifiques, ce qui est le cas bien entendu de ce morceau sur lequel piano et instrumentation fine, chacun assurant une partition sobre et complémentaire de celle des autres intervenants, font bon ménage.

La durée plus longue de The hood n’empêche nullement la cohérence du tout, sur une note, en cette occasion, plus symphonique, exempte de chant, tout comme Into the night qui en reprend le contenu de façon plus troublée. On préfèrera le groupe doté du chant, racé, de Nicolas, et on l’attendra, à l’avenir, plus belliqueux, même si l’habileté démontrée dans la mise en place de formats pop doucereux contribue grandement à la valeur de l’ensemble présenté en ces lignes, qui dans l’attente d’évolutions désormais inévitables suffit amplement à notre bonheur et livre sa fournée de chansons raffinées dont le bien nommé Landscape détient la clé.