Green Vaughan – S-t (EP)

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Je me suis récemment permis de distinguer, dans les colonnes de ce webzine, les labels français méritoires, Kütu Folk et Kythibong, Herzfeld aussi, en tête.

Aujourd’hui, l’occasion m’est offerte de reparler d’Ideal Crash, l’un de mes préférés, géré par Simon Jouneau et Mary Berthelot et basé à Rennes (on ne soulignera jamais assez à quel point cette ville est rock…et a abrité Sloy, faut-il le rappeler), par le biais de ce EP génial, tiré à…70 exemplaires et constituant un superbe objet, du Green Vaughan de Spung et Niko “Sushi” (mec, cet article est pour toi et ton binôme).

Marqué par leur passage au Lucullus il y a quelques temps (amis amienois, vous aviez vous aussi été ébouriffés par ce duo ravageur, aussi brut que dansant), et leurs sorties précédentes ainsi que par le White Loose Woman (concernant ces derniers, c’est le Babylone qui accueillit leurs déflagrations initiales…et j’en étais) de Niko, je savais avant même l’envoi par Mary de ce EP que ce dernier serait de taille. Et à l’écoute, force est de reconnaitre que la paire lilloise fait feu de tout bois, un Streets de folie, aux atours electro-rock étincelants, la voix de Niko, sensuelle et aigüe, sachant se faire plus “normale” pour se fondre dans les colorations musicales concoctées par Green Vaughan, faisant effet sans coup férir, allié à la guitare d’un Spung plus qu’en verve. Des séquences electro aussi remontées que génératrices de fourmillements dans le bassin s’ajoutent à ce cocktail détonnant, et Paradise, second titre plus posé porté par des élans funky irrésistibles, rejoint le premier au rayon des titres capables de “faire la nique” aux plus grands. L’ingéniosité dans les touches sonores est de mise, le brio vocal instrumental aussi, et on en vient à attendre impatiemment une sortie vouée à un format plus étiré que celui lié à un EP.

On en reprend ensuite une louche avec Lonely planet, cold dans la voix, dans un premier temps, et bien sur fort de cette electro cognée par les grattes inspirées de Spung. Entrainant et aussi enjôleur que déviant, ce morceau est la troisième perle d’une sortie qui ne compte au demeurant que ça. Feeding with words et ses riffs secs en intro, que le chant de Niko, parfaitement modulé, appuie idéalement, venant parachever le tout, le mélange des genres osé par les potes de label des Russian sex toys et autres Prismo Perfect se montrant fatal et superbement dosé.

Un indispensable donc, et une preuve tangible de plus que la qualité n’est pas forcément à aller dénicher chez nos voisins Anglais ou d’ailleurs.