Josh T.Pearson – Last of the country gentlemen

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Ex-membre de Lift to Experience, Josh T.Pearson, après avoir tourné et composé sans relâche, sort ce premier opus solo, sur lequel il s’affranchit entièrement du “sonisme” dudit groupe, et livre sept chansons dont une bonne moitié avoisine les dix minutes.

Les débuts sont pourtant courts, Thou art loosed excédant à peine les trois minutes, mais le décor d’un folk sombre, où dominent la tristesse et le désabus, est d’emblée planté. Doté d’un beau filet de voix, Pearson en use adroitement et en fait un motif de séduction, qu’il associe avec une acoustique dénuée de tout artifice. La longueur de certains morceaux (Sweetheart I ain’t your christ, le second, se situe dans cette catégorie “longs formats”) peut cependant lasser et notre homme ne sauve la mise que par le biais de ses ambiances prenantes, parfois enjolivées par des cordes (Woman when I’ve raised hell), dont le versant plaintif peut autant charmer qu’inciter à décrocher.

Sur Honeymoon is great I wish you were her et ses…treize minutes, la tristesse du propos prend une envergure conséquente, que les cordes illuminent l’espace de quelques minutes, et l’obscurité de Sorry with a song, le titre suivant, démontre l’aptitude qu’a l’artiste à instaurer des morceaux étendus sans perdre en cohérence. Son jeu de guitare suscite l’intérêt en dépit de la mélancolie véhiculée, et la sobriété dans les arrangements permet à cet album de pas verser dans le sophistiqué, ce qui aurait eu pour effet, compte tenu des durées constatées, de décourager un auditeur déjà contraint à s’accrocher pour cette même raison. Silencieux depuis le fabuleux The Texas-Jerusalem Crossroads de Lift to Experience, le texan au chapeau de cowboy s’épanche ici et déverse de belle manière un ressenti jusqu’alors tu, et s’emporte vocalement sur Country dumb, ce violon aux interventions remarquées appuyant joliment son discours.

Puis, sur Drive her out, inférieur aux trois minutes -c’est peut-être sur ce format qu’on aurait aimé l’entendre le plus souvent-, il marque de son sceau un climat gentiment enfiévré, qui clôt élégamment cet effort solo initial.

Un album de belle facture donc, peut-être trop conséquent, en certaines occasions, dans les durées imposées, dont les ambiances s’avèrent, aussi, un peu trop récurrentes pour laisser place à l’originalité. Mais il fallait bien ça à Pearson pour évacuer ses tourments et s’exprimer pleinement, et ce Last of the country gentlemen fera le bonheur de nombre d’amateurs d’une musique folk exutoire joliment mise en son.