Little black dress – Snow in June

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L’amateur de dream-pop et de shoegaze retenu, déjà gâté par des revivals inégaux en qualité mais de nature, de façon globale, à lui faire revivre les plus belles heures de ces courants dont on ne peut désormais plus ignorer l’importance et l’apport à la scène musicale allant des 90’s à la période actuelle, trouvera en ce disque des texans de Little black dress le plus méritoire des travaux liés à ces deux mouvances.

En effet, entre atmosphères éthérées absolument irrésistibles et élans soniques mais bien bridés (End film), flou sonore façon Loveless (Makeshift blinds), et vigueur poppy/shoegaze euphorisante à la Everything’s allright forever des Boo Radleys (un magnifique Robin), pour aborder dans un premier temps le début de Snow in June, Little black dress démontre sur les premiers morceaux de son opus un savoir-faire inattendu, se permettant sur…Snow in June, le troisième, titre, d’enfoncer le clou d’une dream-pop de haute volée, bien assise entre quiétude et sonorités plus vaporeuses, déviantes sans jamais se montrer déroutantes.

Il en sera de même sur la totalité de ce disque dont le titre suscite le même enchantement que le contenu, à l’image de No hope, qui se déploie avec la même fausse sérénité que bon nombre d’autres titres lents de l’album, dont Mute, brumeux, doucereux, qui assied, à mi-chemin de l’opus, la valeur de celui-ci. Il ne manque alors plus que la force sonique, le crachin shoegaze épais et impénétrable, décelable chez Shields And Co…qui viendra en partie avec l’excellent Your side, alerte et aussi poppy qu’encanaillé de par ses guitares souillées. Puis Took it, lui aussi très poppy, dreamy, changeant dans les rythmes qui le portent et aussi envoûtant que le morceau précédent, apportera sa pierre, non-négligeable, à la douzaine de morceaux fringants qui constituent Snow in June.

On revient ensuite dans un tempo lent, aérien, sur Out of view, poppy et chatoyant, que suit Simple kind, tout aussi rêveur, au chant enjôleur, avant Queen, plus vif mais aucunement excessif, qui met un terme, avec élégance mais en se drapant d’excès sonores aussi brefs que marquants, à une oeuvre de très bonne tenue. On ne regrette d’ailleurs que cela sur l’album, l’absence de morceaux réellement soniques. Mais Little black dress parvient à nous prouver qu’en s’en tenant à des atours modérés, plus dreamy que noisy, on peut engendrer un résultat de haute volée.

Belle surprise donc, que cet album d’un groupe encore méconnu, dont on espère que par le biais de ses efforts discographiques, il accèdera à un statut plus “reconnu” et moins confidentiel.