The Elecktrocution – Trouble magnet

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On reste sur le label de Patrick “Tad” Foulhoux, et on passe d’Angoulême à Rouen pour se frotter au rock’n’roll énergique, et multiformes, de The Elektrocution, dont le choix par le “boss” du label n’étonne guère dès lors qu’on se remémore ses goûts délibérément rock.

A l’image des Elderberries, de Clermont-Ferrand, Maxime Prieux et ses quatre flingueurs, malins et inspirés, en verve aussi, font feu de tout bois et défouraillent dès le Sweet Caroline placé en seconde position, rapide et puissant, pour ensuite nous montrer que dans un registre plus mélodique, ils s’en sortent avec le même brio (Somewhere else), après une amorce elle aussi appuyée (Crystal clear). On se trouve sur Trouble magnet à la croisée des époques, dans un style moderne mais trouvant ses sources dans le passé, à grands coups de riffs cinglants et de rythmes souvent francs, sans oublier de faire dans le modéré sur l’excellent Everything I touch I break, mélodique sans perdre de son impact, puis Babylon by us et son tempo intermédiaire, qui fait qu’au bout de cinq chansons, à l’exact mitan du disque, la qualité et la diversité laissent augurer d’un ensemble qui tient largement la route, bien que n’inventant rien, ce qu’on pardonnera aux “Cution” tant l’opus séduit et se veut aussi efficace que judicieusement bridé quant à sa durée finale (à peine plus de 30 mns).

Le fait de ne pas faire dans le “bourrin à outrance” crédite également le groupe, qui enchaine avec Goddamn et ses élans mélodiques combinés des vélléités plus puissantes comme celles qui jalonnent Out of breath. Ce dernier morceau illustre d’ailleurs bien la cohabitation, équilibrée, entre impact sonore et plages plus sobres, qui s’ajoute aux atouts de Trouble magnet et en font un bien bon essai, confirmé par Rise to the sun, bourru et mélodieux, représentatif de la tonalité générale et d’un répertoire qu’on imagine plus attractif encore sur scène.

En fin d’album, les Normands restent dans cette option décisive, avec Trouble magnet et ses “ouh-ouh-ouh-ouh” notables, aux faux airs de Queens of the stone age, avant d’imposer La cour des miracles, fonceur et braillé, du plus bel effet. Un dernier titre qui donne la vigueur nécessaire, et la touche débridée, à une oeuvre qui ne manquait déjà pas d’allant et de tranchant, et dont la durée idéale, de même que le contenu aussi sauvage que pensé, incite à des écoutes répétées.

Avec, en bonus, un “hidden track” à l’acoustique plus que plaisante, à laquelle succède une embardée bluesy-rock elle aussi probante, ultime bonne surprise de ce Trouble magnet au rock de caractère.