Divers – TSCP 3

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Superbe initiative que ces compil’s Telescopages, à l’origine desquelles se trouve une poignée de passionnés, et qui par le biais de leurs deux premiers volets, nous ont déjà permis de superbes découvertes, françaises, tous styles confondus mais avec dénominateur commun une pop souvent peu commune, et des orientations non seulement originales, mais captivantes jusque dans leurs moindres notes ou élans vocaux.

Sur cette troisième sortie, regroupée sur sa version vinyl par genres, c’est dans un premier temps Magical mistakes, à l’electro-pop haut perchée, changeante dans ses rythmes et ses attitudes, qui se distingue et entraine dans son sillage dix autres formations aussi probantes, parmi lesquelles Shiko Shiko, issu comme il se plait à le dire de Brooklille et pratiquant une sorte de trans-noise à la Marvin en plus psyché, absolument irrésistible. Leur Back to Guantanamera donne à lui seul le ton général de Télescopages et en définit l’esprit défricheur et aventureux, imité en cela par, entre autres, la pop guillerette et gentiment obscure de The Call Store ou encore les plages folk chatoyantes de Civil War Generals ou Luminocolor.

Ce début de recueil est également mis en valeur par Imtakt, aux nappes synthétiques alertes, imaginatives, qui prennent très vite des atouts rock bienvenus en conservant un côté mélodique appréciable, et la pop rêveuse et acidulée de F.Hiro, entre shoegaze et electro, sur l’excellent Hello.

Sur la seconde partie de cette collection de pépites, Windy Hill Mill instaure lui aussi un shoegaze acoustique des plus singuliers, mâtiné de dream-pop et recourant à une voix féminine avenante pas éloignée de l’organe d’Hope Sandoval, de Mazzy Star. Tranquille mais troublée par des sons bien sentis, cette chanson lance parfaitement la fin de ce Volume 3, et se voit suivie d’une part par Shiko Shiko, décrit plus haut, et No Pilot, a l’electro remuante, portée par des motifs sonores ici encore imaginatifs. La dextérité de chacun des artistes surprend et permet un résultat abouti que confirmera Draïek, autour d’un Mountain psyché/noisy de superbe facture, qu’un chant féminin allège par ses prétentions mélodiques. Colours, avec son I’ve watched you suffer, mettant fin sur une note noisy-shoegaze digne de A Place To Bury Strangers, très sonique en sa fin, à ces onze morceaux pour autant de sublimes trouvailles, révélatrices de la bonne santé de notre scène.

Avec pour effet, en plus de sa qualité “supérieure”, de nous donner l’irrépressible envie de partir à la découverte des groupes concernés, dont la haute tenue en termes de productions discographiques ne fait  désormais maintenant plus le moindre doute.