Bonobo – Black Sands

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Bonobo : un mot facile à retenir, à prononcer aussi, tant et si bien que vous trouverez tout un tas de choses qui s’appellent Bonobo. Par exemple, une marque de vêtements, même si à la base ce sont ce qu’on appelle par raccourci “chaimpanzés nains”. Mais c’est aussi et surtout (en tout cas pour moi) le nom derrière lequel se cache Simon Green, jeune DJ anglais qui n’en est pas à son premier coup, puisque “Black Sands” est son 4ème album, mais succède à “Days to Come“, gros carton dont certains titres ont été utilisés dans des publicités, mais aussi dans les jeux vidéo et séries TV.

L’ambiance est à la cool au début du disque. Les origines trip-hop du jeune musicien ressortent à plein, et “Kiara Prelude” et “Kiara” font rentrer l’auditeur en douceur dans un univers de sonorités synthétiques, nappes électro et rythmes pour apéro dinatoire à la cool, ce qui n’est pas désagréable mais un peu convenu. Puis le ton change, et qui dit “bonobo” dit singe, dit donc malin, parce que “malin comme un singe“. Non, certes, je ne mettrai pas dans cette catégorie les titres les plus Morcheeba-like du disque, comme “Eyesdown“. Non, là, c’est un peu le service minimum et le chant n’apporte pas grand-chose à une musique basée sur les ambiances. Le disque révèle pourtant bien des trésors. C’est l’electro-soul chaloupée de “Kong” qui réveille tout d’abord l’auditeur : flûte et effluves chill-out et world font très bon ménage (les Bordelais penseront peut-être à United Fools), avant que “El Toro” s’impose avec ses reflets sud-américains. L’ambiance devient moite, vous avez fini depuis longtemps votre verre de Chardonnay (l’apéro dinatoire. Vous suivez ?) et ce n’est pas le caliente “We Could Forever” qui fera baisser la température. C’est de la soul presque brute, tout juste raffinée et enveloppée d’un carcan synthétique jamais étouffant. Reprenez donc votre souffle sur le cosy “The Keeper“, où le chant lascif se montre convaincant. “All in Forms” entre quant à lui en résonnance avec ce qu’a pu offrir Blockhead dans le passé, avant un nouveau titre bien soul et droit dans ses baskets (“Wonder When“). Plus longs, les deux derniers titres sont d’autant plus convaincants que le format a permis à Simon Green de mélanger les ambiances, et ce plus particulièrement sur le magnifique “Black Sands“. Très riche dans son instrumentation, le morceau prend aux tripes avec cette fausse langueur, ce mélange parfait entre le trip-hop,  la soul et un post-rock acoustique, cette noirceur que n’arrivent pas à percer les trompettes ou la guitare folk qui ouvre et referme ce disque, qui met du temps à distiller ses charmes mais se révèle au final prenant, et par moment brillant.

Le site de BonoboLe MySpace

Tracklist (disponible sur le cd)
Kiara Prelude
Kiara
Kong
Eyesdown
El Toro
We Could Forever
The Keeper
All in Forms
Wonder When
Animals
Black Sands

Sur le site de Ninja Tune, la tracklist (à vérifier donc…) :

Kiara Prelude
Kiara
Kong
Eyesdown
El Toro
We Could Forever
1009
All in Forms
The Keeper
Stay the Same
Animals
Black Sands