Powersolo – Bloodskinbones

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Le trio danois nous avait déjà régalés sur scène, il récidive sur disque avec une douzaine de chansons courtes, efficaces et variées, fortes de sons imaginatifs et ravageurs (Pirates of the oblivion). On est ici dans un domaine rock’n’roll “tout terrain”, dans un premier temps retenu bien que doté d’une certaine force de frappe (Busses), de choeurs mémorables aussi, puis plus appuyé, porté par une batterie vive et des riffs secs (Coco et ses airs de French Cowboy).

Courtes, les chansons de Bloodskinbones font mouche et s’avèrent irrésistibles, et Kim Kix, Atomic Child et JC Benz ne se privent pas de balancer un rock légèrement rétro, rude et plein d’allant (Gimme the drugz et sa basse massive), puis plus mélodique sur l’imparable Psych demons. Là encore, des sonorités de guitares inventives étayent le propos des musiciens d’Aarhus, qui font merveille dans des mid-tempi impressionnants de maitrise.

Leur brio dans les morceaux plus fonceurs (4-3-2-1) est également à mettre en avant, et la cohérence de l’album est surprenante, de même que leur capacité à relifter le rock’n’roll à l’ancienne. On n’est pas éloigné, dans un registre légèrement moins déjanté mais tout aussi accrocheur, de Jon Spencer et son Blues Explosion, et les mélodies du groupe, soignées, prennent toute leur dimension dans le flux d’un rock presque dansant (Elvin D.Jerk [part 2]), Powersolo faisant ensuite dans une sorte de folk-punk enjoué et percutant (Elvin D.Jerk [part 1]). On est loin de l’ennui sur cet opus constamment attrayant, et l’excentricité vocale de Canned love contribue elle aussi à rendre le trio indispensable. Celui-ci fait grand bien à une mouvance rock parfois trop soucieuse de “paraitre”, et livre ensuite un Yeah! Yeah! au refrain fédérateur, fonceur et encore une fois décalé du point de vue du chant. Sauvage, débridé, probant dans ses options mélodiques comme dans un domaine nettement plus “déglingué”, Powersolo confirme brillamment les promesses nées de Egg.

En fin d’album, il nous fait don d’un Murder in sfax un brin orientalisant, puis termine sur ce Nineteen ninety-six  au taquet, aussi tubesque que les onze perles qui le précédent. On a l’impression, à l’écoute d’un tel essai, que rien ne peut arriver aux nordiques, surs de leur force et d’un savoir-faire qui leur garantit une réussite de tous les instants. De même qu’à un auditoire sous le charme, il offre de longues heures d’écoute à volume élevé, et ce sans zapper le moindre moment de ce Bloodskinbones de haute volée.