Kula Shaker – Pilgrims progress

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Forts du plus que reconnu K, sorti en 1996, les Anglais de Kula Shaker ont depuis continué, de façon plutôt éparse, à sortir des albums auxquels j’avoue ne m’être que très peu intéressé, en raison de la tendance du groupe, trop prononcée à mon goût, pour ce psychédélisme hippie lassant à la longue, ce qui n’enlève rien à la bonne tenue de leurs morceaux.

Ce nouvel opus évolue dans la même veine, s’affirmant dès Peter  Pan RIP, le premier titre, comme très probant du point de vue mélodique, mais sans surprise de taille ni prise de risque, ni même une palpable intensité, hormis sur l’excellent Figure it out, plus dense que la plupart des autres compos (une intro très BRMC se fait entendre sur ce très bon morceau), et Modern blues, folk énervé, rythmé, du plus bel effet, ou encore le sautillant Alll dressed up. On regrette certes, le peu de moments vraiment exaltés, mais le nombre des chansons bien exécutées rend finalement l’oeuvre crédible et attachante. Et si on zappe assez vite l’acoustique “coin du feu” d’Ophelia et du dispensable Cavalry, un Only love dans le même esprit, mais plus vif, animé par une électricité retenue mais judicieuse, apporte du crédit aux réalisations des londoniens.

Retour ensuite à une trame chatoyante mais convenue sur Ruby, avant le Figure out énoncé plus haut, puis un étincelant Barbara Ella, acide et asséné, tempéré par des breaks somptueux. Mordant rock et aspirations psyché bien senties -c’est une constante chez le groupe- engendrent une plage parfaite, l’équilibre entre plages “timorées” et instants plus fougueux étant finalement correct.
When a brave needs a maid instaure de nouveau cette orientation psyché, mais avec, superbe surprise, des ouvertures quasi-mystiques étayées par une trame magnifique, à la fois surf et nettement “far-west”, et fait pencher la balance en faveur de Kula Shaker, qui sans être irréprochable ni téméraire, maitrise bien son sujet et son canevas musical de prédilection, se permettant ensuite un To wait till I come assez haut perché, pour finir avec Winter’s call excessivement grandiloquent. On pourrait, en effet, se passer de cette emphase dans l’ornement musical, et on préfèrera le groupe dans ses embardées psyché, folk ou mystiques doublées d’une vraie force, plus sobres et dépouillées.

On exigera aussi, à l’avenir, qu’il sorte de ce créneau qui certes lui sied mais finira par susciter un intérêt moins conséquent, pour se renouveler et proposer un registre moins marqué par des influences certes de choix, mais encore trop présentes et ayant pratiqué ce psychédélisme multiformes bien avant Crispian Mills, Alonza Bevan, Paul Winterhart et Harry Broadben.