Peter Night Soul Deliverance – A long cold summer

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Après un premier album de courte durée, mais pour le moins convaincant s’agissant de son contenu, le trio Isarien Peter Night Soul Deliverance nous fait cette fois le plaisir d’un opus conséquent, truffé de titres racés et sans failles.

Les influences (Plimsouls, le grand Weller, The Nerves…) sont de choix et Peter Night Soul Deliverance se les approprie avec brio, fort d’un savoir-faire et d’une expérience qui accouchent ici d’un résultat brillant. D’un hommage classieux et énergique à la soeur de Peter Night alias Pierre Chevallier (Sister) en ouverture à un dernier titre posé et élégant (Backstreets), Philippe Nicole et ses acolytes trouvent la juste mesure entre mélodies étincelantes et énergie forcément appréciable (Mr Pain, November ’67 et ses riffs rudes), s’appuyant de surcroît sur des textes et des thématiques fort intéressantes. Le chant caractéristique de Pierre amenant un plus à ce fier ensemble, qui jamais, loin s’en faut, ne verse dans l’esbroufe ou la démonstration. On a affaire ici à des musiciens humbles et passionnés, qui savent aussi, le temps entre autres d’un Goodbye Brussels feutré, puis de ce Always something un tantinet plus énergique, calmer le jeu et faire dans la douceur, dans une imprenable sincérité également.

S’il se veut rock, le répertoire du groupe prend de l’ampleur et garde une superbe cohérence, et on se  réjouit des titres débridés comme It never rains, bel exemple de la capacité de Manu Gyr and Co à allier rock bas du front et mélodies marquantes, le tout sous couvert de guitares acérées. Et lorsqu’il dessert quelque peu l’étau de ce rock tranchant, Peter Night livre un She said aux jolies envolées, avant de nous gratifier de Kowalski, instrumental de haute volée, parfaitement agencé et porteur d’une hargne, d’une verve, décisives.

Soniquement, c’est l’incontournable Peter Deimel qui gère l’affaire, entre les quatre murs du Black Box, et cela se ressent bien sur positivement, pouvait-on en douter?, les ressortissants de l’Oise se voyant dotés d’un son parfaitement en phase avec leur répertoire, le plaisir se prolongeant sur Shipwreck, lui aussi bien assis entre mélopées de choix et élans rock bienvenus, puis Understand me, saccadé et percutant. L’écoute de ce titre furieux, magistral, aux six-cordes débridées, nous ferait presque regretter, il s’agira là du seul “bémol” apporté à l’oeuvre en présence, que cette dernière n’en contienne pas un ou deux de plus, tellement le rendu s’avère être de belle facture.

On a peine le temps de ruminer l’idée que se profile Jewel box, à l’allant communicatif et bien breaké le temps de plages plus tempérées qui permettent au groupe de relancer ensuite la machine avec à-propos. Avec ses “tu-lu-tu” contagieux, ce morceau enfonce définitivement le clou d’un rock décidément séduisant, sur ses dernières trente secondes colériques, avant que Shine & burn, au rythme franc, n’exhale une belle énergie, sous l’impulsion, cette fois encore, de guitares offensives, parfaitement épaulées par une section basse-batterie tenue par des “briscards” dont la prestance pourrait encore faire rosir les faces de bon nombre de jeunes pratiquants d’ici et d’ailleurs.

Avec en guise de dernier titre le Backstreets évoqué plus haut, il va sans dire que Peter Night Soul Deliverance nous offre là une réalisation parfaite, qui outre sa qualité omniprésente, porte l’indéfectible marque de ses géniteurs.