Jumbo Layer – Marie Laveau’s not dead

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Il est dans un premier temps deux choses à prendre en compte au sujet de ce baroudeur plus que talentueux; d’une part il joue de tout sur ce disque, en one man band accompli, ce qui constitue le signe d’une qualité pour le moins conséquente.Et d’autre part, Jumbo Layer, de son “vrai nom” Gilles Riberolles, peut se targuer d’un parcours riche d’interventions significatives. Jugez donc: proche de James Brown dans les 80’s, auteur d’un album avec Chris Stein de Blondie, photographe pour le grand Bowie, critique rock, intervenant auprès de James Chance, puis enregistrant récemment avec John Sinclair, fondateur du MC5. Sachant que scéniquement, il lui a été donné d’ouvrir pour Chris Wilson ou les Fleshtones, entre autres dates mémorables.

Fort de ce pedigree impressionnant, notre homme signe là un second album de feu, à la fois déviant et distingué, soul et rock’n’roll, bluesy et encanaillé comme il se doit. Il y réhabilite, avec le brio lié à son expérience et son inspiration jamais prise en défaut, un répertoire daté, superbement remis au goût du jour sur les treize titres de Marie Laveau’s not dead.

Dès I hate to see you go (signé au départ Walter Jacobs), la voix éraillée, chaude et sensuelle de Riberolles, alliée à une instrumentation à la fois sobre et intense, remarquable, produit un effet de taille, et on se rendra compte, au fil de l’écoute, que chaque titre possède un pouvoir de séduction impressionnant, et une identité qui lui est propre tout en s’inscrivant dans un tout cohérent et de haute volée.
C’est le cas par exemple sur You got me hoodood, aux plans de guitares magnifiques, simultanément rageur, racé et retenu, ou l’alerte et presque sussuré Gipsy boy, doté lui d’un harmonica décisif et de riffs solides.
La teneur des morceaux présentés ici mériterait d’ailleurs qu’on s’attarde à tous, mais c’est bien entendu l’ensemble qu’il faut saluer et mettre en avant, entre les élans funky/bluesy de Do your voodoo et l’ultime…Do your voodoo (reprise) tout aussi réjouissant, un peu plus vif et “piquant” que sa première version et la complétant donc de belle manière.

Entre deux, pas le moindre titre négligeable, loin s’en faut, à l’image de Just for the kick of it, rude et saccadé, ou d’un Marie Laveau’s not dead porté par une basse reptilienne et cette guitare une fois encore volubile et inventive, dans un registre instrumental que Jumbo Layer maitrise autant que ses parties chantées.
On se régale plus loin, entre autres, d’un Electricity à..l’électricité indomptable, superbe alliage entre fougue et moments de pure classe. Le reste étant bien sur du même accabit, entre l’orgue majestueux de Sparkling moon et la fausse sérénité d’un Wanton mood sur lequel l’étendue vocale de Gilles Riberolles fait merveille.

Superbe album donc, à mettre à l’actif de Jumbo Layer et de Rock Paradise, label hautement recommandé, à écouter d’une traite, au sujet duquel je ne serais nullement étonné qu’il fasse date.