Prismo Perfect+Week Ends – The White Label Collection, vol.2

0
1408
Label rennais aux productions valeureuses, aussi “cheap” dans la fabrication que stylées et ingénieuses, Ideal Crash poursuit sa série de splits, intitulée “The White Label Collection“, avec celui réunissant les brestois de Prismo Perfect et le duo de Baltimore, Week Ends.
En sux titres, trois chacun donc, les deux formation honorent Ideal Crash et livrent la preuve, jouissive, de leur fiabilité.

Les Français ouvrent le bal avec trois titres noisy, urgents et forts de mélodies tenant fièrement debout au milieu d’un déluge sonore génial. Sur Summer in the kitchen, on pense à Superchunk et ce titre permet aux bretons une entrée en matière marquante, made in 90’s. Guitares souillées, son garage, un peu à la Skippies, breaks courts et bien placés, tout est réuni pour nous gratifier de compos attrayantes et empreintes d’une nostalgie qui débouche sur le meilleur. J’en veux pour preuve Enable stop, second morceau plus saccadé, où le chant semble émerger avec peine, c’est là aussi une caractéristique du mouvement noisy, d’une instrumentation à la fois débridée et réfléchie.
Tout ici est au top; chant singulier, guitares volubiles, rythmique carrée et instinctive, et Freezy cold weather enfonce définitivement le clou d’un répertoire auquel on ne peut qu’adhérer, de façon lancinante et incoercible, pesante et alerte. Il flotte un parfum de Jeunesse Sonique, aussi, sur ce que fait Prismo Perfect, dans ces déchirures noisy délectables, le trio se révélant donc brillamment avec ces trois compos racées et insoumises.

C’est ensuite le tour de Week Ends, aux réalisations psyché/noise hallucinantes, dont la première, Raingirls, sauvage et changeante dans ses humeurs, présente fièrement un duo guitare-batterie (avec ça et là in chant “wild” et criard du plus bel effet) lui aussi prometteur.

A peine remis de ce coup de boutoir original, Roomate et son rythme lourd, auquel s’adjoignent le chant décrit plus haut et des guitares aussi puissantes que psyché, assied l’identité de Week Ends. Ce groupe insubordonné, inventif, ne ressemble à rien de connu et c’est déjà le gage d’un talent certain, que Psychedelic mice, puissant et asséné, sulfureux, confirme sous l’égide d’une batterie imprévisible admirablement épaulée par la guitare bavarde et constamment attirante du second élément de la paire.

Et on se retrouve à l’arrivée avec un objet précieux, d’autant plus qu’il est édité en série limitée, et deux formations à découvrir, à l’instar des autres groupes abrités par Ideal Crash, sans plus tarder.