John & Jehn – Time for the devil

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Après un album plutôt bon, mais un peu trop vite monté en épingle, à mon goût, par une presse une fois de plus un peu hâtive dans ses conclusions, le duo revient en France et fait appel, pour ce Time for the devil excellent de bout en bout, à Dave Bascombe (Tears For Fears, Depeche Mode, Echo & The Bunnymen…), et a enregistré dans les studios Metropolis.
Cela s’entend et John and Jehn, à l’image de Jérôme Avril, alias Brachko, sur The man with the hammer, met à l’honneur une new-wave teintée de plusieurs colorations musicales.

Ainsi, la cold mesurée de Oh my love, Jehn y allant de sa sensuelle et troublante intervention, la new-wave façon Simple Minds de l’excellent Time for the devil, après une Intro négligeable, puis Shy, vif et doté d’une basse proéminente et de motifs synthétiques ravageurs, font mouche d’emblée et nous mettent l’eau à la bouche. De plus, les voix se complètent parfaitement et les climats changeants, tout en restant dans une lignée new-wave n’ayant rien à envier aux productions de l’épopée liée à ce style, captivent sans forcer.
Sur un titre posé comme Vampire, ou encore Prime time, l’ambiance unique suscite une fois de plus un intérêt d’importance, Jehn y faisant à nouveau merveille, puis l’allant de And we run, cet alliage new-wave rock assez représentatif du contenu général, semble nous apporter la preuve que le duo, inspiré et pertinent, a su se hisser à un niveau supérieur, et de loin, à celui de son premier essai.
Sur Down our streets, c’est John qui se distingue par le chant et ce morceau, délicieusement poppy, constitue une superbe réussite. En usant d’un procédé simple et accessible, le groupe parvient à creuser et imposer son univers. C’est perceptible sur Ghosts et son rythme implacable, qui nous ramène en pleines 80’s et exhale ce parfum cold mesuré et enivrant, ou Love is not enough dont les claviers produisent une impression similaire. New wave d’obédience mais à l’arrivée hybride, le son de John and Jehn se situe de toute évidence parmi les plus intéressants de cette année 2010, d’autant plus que les quatre chansons restantes sont du même accabit.
Le sombre Shades, orné de guitares discrètes mais remarquées, amorce cette fin d’album sous les meilleurs auspices, London Town, animé par ces chants entremêlés, prenant le relais avec panache. Puis O’dee, calme et intense, magnifiquement chanté par Jehn qui bénéficie de l’enrobage musicale chatoyante de son compagnon, apporte sa pierre à ce fier édifice. Une Outro aussi dispensable que l’Intro paraissant ensuite mettre fin aux réjouissances…avant que de longues minutes de silence ne laissent place à un bonus track d’un niveau égal à ce qui précède, peut-être un peu moins racé, moins accrocheur de par ce qu’il renvoie, mais loin d’être insignifiant.

Et le duo signe là un album abouti, fait d’un genre personnel, qui nous renvoie aux plus belles heures des grands noms de la new-wave tout en s’en démarquant par le biais d’une créativité et d’une singularité qui en font une réalisation à ne pas laisser filer.