The Backlash – Scratch’n win

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La Belgique se distinguant régulièrement par le biais de sa scène électro, il n’est nullement surprenant d’en retrouver, à la tête de ce projet, deux personnes marquantes. Eric Powa et Julian K, puisqu’il s’agit d’eux, utilisent des influences électro variées, mélangées à des touches techno minimales et obsédantes. De ce procédé résultent des morceaux rythmés ou plus modérés, souvent entrainants.Certains comme Feel the heat sont assez magiques, écoutés la nuit, et le duo maitrise la construction de ses ambiances, nuptiales donc en certaines occasions, porteuses de climats réitérés à l’envie (Myers mood, Desire [Tomas Andersson rmx]), les tempi variés se montrant attractifs, de même que le chant, occasionnel mais accrocheur comme sur A way out. On se surprend à s’enticher des structures simples et répétitives mises en place par le groupe (Scratch’n win) ou de son chant presque robotique (Now that U R gone [Mothership]), chaque morceau dévoilant le petit détail, ou le pouvoir d’attraction “climatique”, qui fait qu’à l’arrivée et en dépit d’un registre restreint à l’électro, on apprécie grandement l’oeuvre d’Eric et Julian.

Overblast
illustre bien l’effet produit par Scratch’n win, en usant de motifs simples et efficaces, jamais surchargés, The Backlash se montrant assez mesuré dans son recours à ces sonorités pour ne pas lasser et rester convaincant sur la durée. Et quand il hausse le rythme (Up to you), la voix et les petits breaks venant casser l’uniformité du morceau confirment la bonne tenue d’ensemble de l’album. Ce rythme plus affirmé se retrouve d’ailleurs sur Desire (original mix) et contribue à diversifier le propos des deux activistes belges, puis Total control, à la fois spatial et alerte, à mon sens idéal à écouter une fois la nuit tombée (ce qui ne signifie pas, loin s’en faut, que ce morceau est moins appréciable de jour), enfonce le clou d’une électro non-linéaire, intéressante et bien pensée. Avec en sus une incitation à la danse, voire à la transe, émanant de nombre des morceaux présentés sur l’opus.

Avec, en dernière position, un Feel the heat remixé par T.Raumschmiere & Schieres, sombre et hypnotique, il va sans dire que Scratch’n win s’impose comme l’un des fleurons de l’électro belge, et comme une belle carte de visite pour ceux, et j’en suis, qui ne sont que peu familiarisés avec ce type de musique et cette scène, donc, fournie et riche en productions de qualité. Personnelles et efficientes, les atmosphères créées par The Backlash pourraient de plus, en s’étoffant ça et là d’éléments “autres” d’un point de vue musical, engendrer la survenue de climats complètement singuliers et placer le groupe en pôle position d’une mouvance déjà bien approvisionnée en bons groupes, et appelant donc ceux-ci à la personnalisation poussée de leurs productions.