Messieurs de Fursac – Messieurs de Fursac

0
1477
On parle souvent, au moment de recenser les villes “rock” de France, de Rennes, Strasbourg, Bordeaux, Montpellier ou…Jarnac et son précieux Jarnac Sound. En revanche, on parle peu de Toulouse, ce genre d’album étant heureusement de nature à réparer l’erreur.

Les quatre sudistes, s’ils pratiquent un post-rock dénué de chant, parviennent en effet à rendre celui-ci intéressant en le balafrant de trainées noisy comme sur Pottok, après un Exmoor déjà grinçant, à la limite des expérimentations signées Sonic Youth, qui ouvrait le bal. Sur les titres plus courts (Merens), celui ci instaurant d’ailleurs un sample de voix, si je ne m’abuse, Messieurs de Fursac monte en puissance dans le cadre d’une trame sonore constamment plaisante, et sur le titre d’après, des guitares fines nous accueillent de façon avenante, un chant “réel”, il me semble, faisant ici une apparition remarquée, pour qu’après cela, des riffs mordants, auxquels s’opposent des notes plus douces, n’emportent le morceau vers des sphères agitées et soniquement intensives.

L’alternance des ambiances, la construction patiente et jamais ennuyeuse de celles-ci, le tout dans un territoire souvent noisy, domine et fait de ce disque un bien bel album. L’intro de Français de Selle va dans ce sens, faisant se succéder début doucereux et guitares plombées pour ensuite haussement nettement le rythme. Le groupe ne s’attarde pas sur les motifs, ne se perd pas, ne nous perd pas non plus, dans les méandres de construction tortueuses et usant à l’envie des mêmes éléments, et réussit par ce biais à captiver. Et ses excès sonores (les brusques embardées guitaristiques de Welsh, entre autres), assortis de cavalcades rythmiques, s’avèrent être un superbe atout, contribuant en outre à l’intensité qui émane de cet opus éponyme. Les quatre Messieurs finissent de plus sur une note très spatiale, sur ce Falabella de presque huit minutes à l’effet psyché affirmé, qui instaure lui aussi des accélérations soudaines et allie à merveille les penchants atmosphériques du groupe avec ses prétentions plus noise. Se morceau prend d’ailleurs fin..avant le terme des huit minutes, pour laisser place à un bonus-track éphémère, dont le mérite  est de trancher, par son calme intégral, avec les morceaux qui précédent, et de montrer une formation aussi très à l’aise dans ce registre plus posé.

Belle découverte donc,en attendant du groupe qu’il creuse plus en avant encore ses échappées noise/noisy, pour asseir définitivement une identité déjà très forte.