Green Vaughan – Green Vaughan

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1961
Lille, truffé de bons groupes, nous a déjà offert il y quelques temps, entre autres, les White Loose Women et leur rock entre Suicide et Jon Spencer avec ce chant déchiré, haut perché, et ces fulgurance soniques démentielles.
Voici venir avec GREEN VAUGHAN l’extension des WLW, cette formation nouvellement née incluant en effet sds membres du groupe précité. C’est déjà de bon augure et à l’écoute, forcer est de constater, et on ne s’en plaindra pas, que la formation décrite ici pratique un rock à peu près dans la même veine. Green Vaughan évolue peut-être dans une sphère plus post-punk, moins fonceuse mais tout aussi trépidante, matinée de ces vagues électro réminiscentes de WLW. Une multitude de sonorités décisives étoffent les morceaux des lillois et ceux-ci gardent, d’un point de vue vocal, l’excentricité et la sensualité déjantée qui font la force de leur projet initial.
Au final, cela nous donne une dizaine de morceaux d’obédience électro/punk-funk aussi indéfinissables que dansants et irrésistiblement entraînants. Le rythme est souvent élevé mais se modère parfois avec à-propos (“Frozen birth“) et sans altérer la valeur des morceaux du duo. C’est aussi le cas sur un “Remove your make-up” funk-rock acidulé ou “Villainy” qui intègre un rythme hip-hop qu’il balafre de guitares massives et enrobe d’un chant aïgu et brailleur comme on l’aime.
Ailleurs, on trouve le même style de mélange habile et abouti, audacieux et parfaitement au point.
Between my legs“, embelli par des…cuivres, si je ne m’abuse, et des boucles électro-noise, ouvre le bal de façon plus que convaincante, haussant le rythme ensuite et instaurant le chant de Nico dont l’apport n’est d’ailleurs pas des moins importants, loin de là.
Puis “Lovely rise” et ses riffs à la GANG OF FOUR poursuit les investigations avec la même brio, de même qu’un  “Innocent” alliant déjante et attitude plus “charmeuse” avec un beau contrôle.
Cette alchimie ne se dément d’ailleurs à aucun moment et persistera sur l’album dans son intégralité, par exemple sur  le mécanique “Défective spit machine“. On pense aussi à The Faint pour des rafales électro-cold et ce chant presque robotisé, l’univers de Green Vaughan restant en dépit de cela pronfondément individuel. “Steam 1” réintroduit ces séquences funky bondissantes, “Bye sweet self” trace droit devant en breakant de façon agréablement atmosphérique,alors que “Taking coffee” renoue avec le chant aïgu de Nico, sur fond bien sur de brassage concluant et high-energy.
Aucun titre n’expose donc de faiblesses par trop craiante au contraire. Et le groove des dix morceaux, allié à une certaine puissance de feu et à une aptitude à l’ “émoustillement” elle aussi marquée, emporte la mise aussi facilement que les WLW l’ont fait il y a peu.
Atypique et décalé donc, un groupe déjà considérable comme ayant dépassé, au vu de ce premier jet, le statut d’espoir.