Le Belge Andalou

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1914

Après avoir rodé ses chansons pendant quelques années, sur les scènes de la région, ZED VAN TRAUMAT, à l’occasion de la sortie de son album : “Belge Andalou”  et avant des concerts Parisiens et un passage à la fin du mois d’avril au Théâtre du pont tournant, nous fait la gentillesse de répondre à quelques questions.







 


Alors voilà, le “Belge Andalou” est gravé dans le marbre, comment vois-tu la sortie de ce disque, un aboutissement ou le commencement d’une autre aventure ?



  


Ça ne fait jamais que trois ans (presque jour pour jour) que j’ai inauguré ce répertoire. Ça peut paraître long dans l’absolu, mais en réalité c’est passé très vite. Je repartais presque de zéro avec ce projet, mais je suis du genre patient.


Je ne veux pas lâcher mes créations sans leur avoir donné une vraie chance d’être entendues. Et cet objectif n’est pas complètement atteint avec la sortie du disque…


 


 


Comme la modernité, c’est vieux comme le monde, comment patines-tu tes chansons pour qu’elles sonnent si actuelles avec des ambiances tous droits sorties des cabarets où jouaient Boris Vian, Gainsbourg, etc…



  


Je refuse de penser les choses en termes de « modernité ». La nouveauté à tout prix m’insupporte. Je suis persuadé qu’en termes de formes artistiques, tout a déjà été fait. La seule façon de faire vraiment du nouveau c’est de privilégier le fond, la vie, le présent, ce qu’on a à dire.  Je ne prétends pas révolutionner la musique. Juste être une conscience qui s’exprime, ici et aujourd’hui.


 


En feuilletant la pochette on y croise de drôles d’animaux, est-ce que le Belge Andalou a une tête de taureau avec un corps de frite ? Ou s’agit-il d’un croisement d’identité ?


 


L’Andalousie, c’est un mélange flamboyant et douloureux d’identités. La Belgique aussi, en un sens. Le coeur d’un Belge-Andalou, je vous laisse imaginer.


 


 


Avec quels instruments composes-tu tes chansons ?


 


Avec une vieille guitare sèche ou alors dans ma tête.


 


 



Une question me taraude, je n’en dors plus la nuit, depuis que j’ai écouté ta première maquette, mais pourquoi Mari-Carmen a-t-elle quitté Cordoba ?


  


Cette question lancinante a d’abord taraudé Mari-Carmen elle-même, après son départ de Cordoba. A vrai dire, je pense que Mari-Carmen, à la base, avait quitté Cordoba parce qu’elle pensait que ce départ allait résoudre la plus grande partie de ses problèmes. Et puis Mari-Carmen est retournée à Cordoba et s’est aperçue que ça n’améliorait pas vraiment la situation…


 


 


Est-ce que tu aurais aimé vivre dans une autre époque ? La nostalgie d’un temps que tu n’aurai pas vécu.


 


Oui. J’aurais voulu vivre au néolithique. Connaître cette planète à peu près intacte, à une époque où l’humain n’avait pas posé partout sa patte pleine de cambouis.


 


 


 


 


Est-ce que tu as grandi dans un univers musical particulier ?


 


Chez moi on n’était ni musiciens ni vraiment mélomanes. Mon père appréciait Brassens, Vian, et le jazz de ses 20 ans. On avait les deux compiles des Beatles, un ou deux Ray Charles, l’album de Le Forestier… J’avais hérité du stock des 45 tours de ma mère: ça allait de Sheila à Joe Dassin, en passant par Nana Mouskouri, Dalida et Christophe. On écoutait la radio, Europe 1, RTL… L’été on allait chez mes grands-parents à Confolens : il y avait un festival de folklore avec des danses un peu cul-cul, mais aussi des choses magnifiques et ahurissantes. Puis mon grand frère a ramené du lycée Bob Marley, Higelin, Lavilliers, et puis du rock, les Clash, du punk, de la new-wave, de la cold wave, de la no-wave, de la musique industrielle…


 


 


Quel a été le premier disque que tu as acheté avec ton premier argent de poche ?



 


Resiste ! Le 45 tours de France Gall, que j’avais découvert avec délices sur un grand huit à la fête foraine. A chaque fois que je mettais le disque j’avais l’impression d’un tour de manège gratuit… La chanson ne me fait plus du tout cet effet-là, mais j’ai toujours gardé une tendresse particulière pour France Gall, une tendresse qui sent la gauffre et la barbapapa..


 






Qu’est-ce qui était accroché aux murs de ta chambre d’adolescent ?


  


Des choses très noires qui hurlaient mon mal-être alors que j’arborais un large sourire..


 


 



 


 






 MUZZART QUIZZ

 


Est-ce que tu as un disque de la honte chez toi ?


  


Resiste, de France Gall.


 


 


Si tu étais une chanson, tu serais plutôt :


” London calling ” des CLASH,


” Walk on the wild side ” de Lou Reed,


” Johnny fais moi mal ” de Boris Vian


” Aux suivants ” de Jacques Brel ?


 







Joker ! Ce sont quatre chefs d’oeuvre.


Resiste, de France Gall ?


   


Quel est ton Beatles préféré ?



 


Resiste, de France Gall. Non, je plaisante..


Il y en a plein que j’adore. Mais je ne peux pas dire que j’en ai un préféré… Allez ce matin ce serait « Strawberry fields forever ».


 







 ZED VAN TRAUMAT – BELGE ANDALOU – 2009







Chanteur français – Nadar – Madame – Les écorchés vifs – Belge Andalou – Concours de tambour – Toi et moi – Pourquoi Mari-Carmen – Carnivores – Pauvre Kong – Prière du soir – Vous autoriserez-vous –







 


Retrouvez la chronique de la maquette, qui bien sûr ne comportait pas tous ces titres, mais on y retrouve le même esprit, enregistré au studio Berduquet à Cénac, ce disque possède une belle prise de son, et toujours de bonnes ambiances, on sent bien que les musiciens sont proches et que la voix et que les mots de Zed Van Traumat sonnent et résonnent bien.

 


 

Toutes les dates de concerts de ZED VAN TRAUMAT sont sur sa page myspace.

 


 


 


Merci à Muriel DUMONTIER pour avoir rendu possible cette interview.


 


Merci à Guillaume R. pour les photos.


 


 


Fab’