Les ELDERBERRIES, nouvelle sensation made in Discograph

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1. On sent une nette évolution depuis l’excellent « Nothing venture nothing gained ». A quoi est-ce du, selon vous ?

 

Je pense pour la plupart c’est juste le simple fait qu’on a grandi. Quand le premier album est sorti on avait à peine 18 ans, et la plupart des morceaux ont été écrits quand on avait16/17, même 15 ans pour certains titres. Avec le deuxième on a grandi, les chansons sont beaucoup plus réfléchies à tous les niveaux, les structures, les mélodies, les prises de sons de l’album le mix, tout a évolué. Sur le premier album on mettait souvent que 10 minutes pour écrire un morceau, alors qu’avec le deuxième on a pris vachement plus de temps, on retravaillait les structures etc. On mettait parfois des mois avant d’avoir la version finale d’une chanson. Au Bikini en est un très bon exemple, c’était une des premières écrite, mais la dernière finie.

 

2. Quels sont vos rapports avec la scène clermontoise, plutôt fournie et de qualité ? Et quel regard portez-vous sur cette scène ?

 

On a des très bons rapports avec la scène clermontoise. Il y a des très bons groupes à Clermont, et pas juste ce qu’on entend à la radio (Cocoon, Quidam, Subway, même si on a des bons rapports avec ces groupes.) Je dirais qu’il y a plusieurs scènes à Clermont, on est moins proches avec les gens du Kutu Folk, mais quand même on a des bons rapports. Nous on se retrouve plus avec la scène plus rock, au bar Le Bikini, au Rat Pack, et à la Coopé. Il y a une bonne ambiance entre tout le monde, personne crache sur les autres, je dirais que pour la plupart tout le monde se respecte. Il y a plusieurs groupes qui commencent à monter en notoriété, notamment Araban (groupe de surf), ou Stetson (punk), et avant qu’ils se séparent les Suppozitorz (Garage) avec qui on passe la plupart de notre temps à Clermont. Pour certains d’entre eux ce sont plus que des collègues ou des amis, mais des frères, donc en réponse à la question je dirais qu’on est très proches de la scène clermontoise.

 

3. Vous êtes d’origines multiples. En quoi cela peut-il être un avantage ou, dans le cas contraire, un inconvénient pour le groupe ?

 

Je dirais que, en tous cas pour les anglophones, il n’y a pas d’inconvénients. On s’est tous retrouvés dans le même endroit au même âge donc on a vécu notre adolescence ensemble. On se comprend vraiment chacun, parce qu’on a tous vécu les mêmes choses (école etc.). On sait que vu de l’extérieur on est un peu des ovnis, mais pour nous c’est la norme, on connait que ça. Du coup pour écrire etc. il n’y a pas tous ces problèmes d’égo etc. car dès qu’il y en a un qui fait chier, les autres le disent, et ça nous permet de progresser en bonne volonté.

 

4. Comment vous sentez-vous chez Discograph, « boite » désormais reconnue et de grande qualité ?

 

C’est un peu bizarre en fait. On a signé avec eux quand on avait 16 ans, et à l’époque on ne connaissait pas trop de labels en général, et encore moins Discograph. Mais en les rencontrant on a eu un bon « feeling ». Ils nous ont signé jeunes, mais nous ont laissé le temps avant de sortir un album. Ils auraient pu faire le forcing en sortant un album et jouer à fond sur le coté jeune qu’on avait, mais ils savaient que l’album qu’on aurait sorti à ce moment là aurait été vraiment nul. Du coup ils nous ont laissé le temps de finir nos études, et d’enregistrer un album quand nous on se sentait prêts, ce qui est arrivé. On a des bonnes relations du coup, entre Discograph, Sophiane, et nous. On est un peu leur gamins quelque part, ils nous ont connus jeunes et nous ont vu grandir et évoluer, donc ils ne veulent que le meilleur pour nous. On a beaucoup de chance quand tu entends les sales histoires de certains groupes et leurs labels.

 

5. Le succès de « Nothing venture nothing gained » vous a-t-il surpris ou quelque peu déstabilisés ?

 

Je pense que son succès dans les médias nous a carrément surpris. On ne s’y attendait vraiment pas. J’avais un peu d’appréhension avec sa sortie. On était un groupe  de jeunes faisant du sous AC/DC, et je me disais qu’on allait se faire déchirer. Mais heureusement c’était tout le contraire. La presse était plus ou moins unanime, ils ont adoré ! C’était vraiment une surprise agréable.

 

6. Si je vous dis que « Ignorance & bliss » est assez power-pop, dans quelle mesure êtes vous d’accord avec moi ?

 

Assez d’accord. Je pense que ça peut sous entendre un autre style, mais si on prend les deux mots séparément je suis d’accord. C’est vrai qu’il y a des chansons beaucoup plus pop que sur le premier album, notamment le single. Mais il y a également des chansons bien puissantes aussi, qui font plus penser au premier album. On ne pouvait pas changer complètement de style non plus, même si on voulait faire un album différent. Il fallait bien qu’il y ait des chansons avec des gros riffs quand mêmes !

 

7. Au niveau du public, comment jugez vous la réaction française à vos albums et à vos prestations live ?

 

Je trouve qu’on est bien apprécié en France. Comme j’expliquais avant, on a eu une très bonne presse lors de la sortie du premier album. En ce qui concerne les concerts, on est plus un groupe de live, et pour tous ceux qui nous ont vus, je pense qu’ils seraient d’accord. Après on ne peut pas vraiment comparer un public français à un autre pays, car pour l’instant on n’a tourné qu’en France. En tous cas, on est super content de la réaction qu’on a eue jusqu’à maintenant.

 

8. Comment se font l’écriture et la composition au sein du groupe ? Quels  sont les thèmes qui reviennent de façon récurrente dans vos textes ?

 

L’écriture se fait par tout le monde. On n’a pas vraiment de « leader » dans le groupe, tout le monde propose ses idées, et tout le monde valide ou pas. Pour cet album on a beaucoup changé notre façon d’écrire. Ce qu’on faisait en fait, c’était qu’on enregistrait dés qu’on avait une idée de riff etc. Après on le laissait pour revenir avec des oreilles fraiches pour voir si c’était vraiment bien ou pas. Après on rebossait si nécessaire les structures. Une fois que la structure était bonne, on faisait des ateliers ou chacun à notre tour allait chanter sur le morceau qui venait d’être enregistré, et on essayait de trouver une mélodie, vraiment le premier truc qui venait à la tête. C’est pour ça que cet album est plus mélodique, ce n’est plus juste Chris qui décide la mélodie, mais tout le monde. Les textes, eux aussi sont beaucoup plus réfléchis. Il y a un peu de mélange entre des paroles plus vraies ou on parle de certains problèmes etc. et des chansons qui racontent une histoire. (We should be running est une histoire de zombies) Avant on n’y réfléchissait pas trop, c’était plus pour avoir des mots qui sonnaient bien, mais là on a fait un peu plus d’efforts.

 

9. Avec quelles formations aimeriez vous tourner de façon prolongée ?

 

Pour moi (Tom), j’aurais bien aimé jouer avec les Stooges au tout début. Quelqu’un d’autre nous a demandé une question similaire, et Pascal, notre ingé son a dit qu’il m’aurait bien vu avec les Who, et je suis assez d’accord, ça devait être bien fou à l’époque.

 

10. Vos coups de coups de coeur musicaux du moment ?

 

C’était mon anniversaire il y a deux semaines, et on m’a acheté le nouvel album des Black Diamond Heavies qui est énorme, mais je suis fan depuis un moment. En véritable coup de coeur je devrais dire le groupe clermontois Araban, en live ils sont vraiment bons, et j’espère les enregistrer au studio bientôt.

 

11. D’où vous est venue l’envie de former un groupe ? Et partant de là, quels ont été les évènements « déclencheurs » de votre succès actuel ?

 

La rencontre avec Discograph était super importante. Mais même avant ça je dirais que la rencontre la plus importante était avec Yann. A l’époque on n’avait pas de batteur, et il s’est présenté à nous pour faire de la batterie, on a dit oui, et c’est là ou tout à commencé. Ses parents avaient un studio ou on pouvait enregistrer, donc faire des maquettes, qui ont été écoutées par Discograph, qui nous ont signés, qui ont trouvé le deal avec Hellphone, qui nous a permis d’être bien médiatisé… Mais aussi les concerts. Les découvertes des Printemps de Bourges étaient très importantes. Il y avait un petit buzz autour de nous alors qu’on était encore très jeunes, et c’est là ou les gens ont pu voir pourquoi il y avait cet buzz.. Ca nous a permis de se confirmer en tant que « groupe de live ».

 

12. A quoi peut-on s’attendre à l’avenir, du point de vue stylistique et scénique ?

 

Je pense que le troisième album va être encore différent, on n’a pas envie de sortir tout le temps le même album. C’est dur à dire, on est juste à la sortie du deuxième, et nous on ne prévoit même pas des jours à  l’avance alors des années ! Mais niveau scénique on a juste envie de tourner un maximum, d’essayer de tourner à l’étranger, de trouver des licences à l’étranger, que le groupe grandisse quoi.

 

13. Pour finir, que vous apporte le groupe sur le plan humain ? Avez-vous des regrets ou des frustrations par rapport à son évolution ?

 

Il ne faut pas avoir des regrets dans la vie. On est des gens très ouverts, on est plus susceptible de dire oui que non, alors peut-être qu’on a dit oui à certaines choses qu’on n’aurait pas du dans le passé, mais ça nous a permis d’apprendre et d’être là ou on en est aujourd’hui, ce qui est déjà pas mal. On est juste content d’avoir la chance de pouvoir sortir des disques et de tourner, c’est notre passion, ça serait de cracher sur la soupe si on commençait à s’en plaindre.