Premier enregistrement studio non métal depuis CORROS (2015), DISTROPY voit LES TAMBOURS DU BRONX revenir à leur essence première. Du bidon loin de l’être, du sample et des textures électroniques indomptables. Sans tergiverser je vous l’annonce, ce DISTROPY est une réussite batailleuse et dépaysante (WAITING 4 et ses sons d’orient distordus, dirait-on, en fond). Il débute fort, ARMADA sans rendre les armes immisce sons imaginatifs et frappe maison désormais légendaire. De brèves « voix » s’invitent, en mode hooligan indus. On note, aussi, des sonorités presque « d’église », placées au beau mitan d’un boucan magistral. BRASIERS, en troisième position, greffe électro aérienne et coups de bâton sur-dynamiques, au gré d’un malaxage là encore désarçonnant. LES TAMBOURS DU BRONX, au registre pensé, évoluent sans s’y fourvoyer, trouvant même par ce biais un élan nouveau.
En ce sens TITANS, où l’on dirait bien que des guitares triturées sont -sur l’amorce- en vue ou alors, c’est le fruit de ma passion pour les Young Gods des débuts, fait également sensation. Rugosité et passages tempérés sont pour le coup en totale harmonie, imbriqués avec dextérité. Voilà une suite de cinq à s’envoyer en continu, à l’orée du frustrant tellement on souhaiterait en entendre davantage. Qu’à cela ne tienne, l’absence de vocaux d’une part est largement compensée et d’ autre part, le clan se renouvelle en impressionnant de bout en bout. SPIRIT, à la modération bien amenée, termine d’ailleurs sans fléchir le moins du monde. Le rythme sur DISTROPY est ouvragé sans pareille, l’ornement sans envahir l’horizon est créatif et le rendu tout bonnement excellent.

©Rorold
