Unique et novateur, C’mon Tigre fait son retour à l’occasion d’un LUMINA où tradition et aptitude à défricher se télescopent, Enter ouvrant déjà la porte d’un univers fascinant. Voix flou(t)ée, psyché, et saccades rythmiques flirtant avec la drum’n’bass s’acoquinent. Le rendu est à part. The Beautiful Glitch, histoire de valider le décalage créatif, suinte de son côté une électro déphasée où à nouveau, les vocaux se traficotent. Génial tout comme Vanta, du désert, servi par une instrumentation élargie. Tribal et jazzy mais avec des louvoiements, subtils, qui font de suite s’évader. Ce sera aussi le cas avec DRIVER IDLE [O.V.] (avec Perry Maysun), ondulant, chatoyant, chanté avec finesse et dans le racé. Ou encore sur Nanã, de là-bas, sur lequel voix « de communauté » et percus évocatrices s’allient. Burukê suit à ce moment, taillé dans une trame dépaysante. L’échappée est de rigueur, façonnée dans un savoir-faire instrumental, et dans la conception, assez bluffant. On en est alors au mitan de la route, escarpée, et le charme opère.
Sawa, d’une électro-world remuante, fait lui aussi forte impression. Ses organes également. Une fois de plus, ancrage dans les racines et exploration sonore, stylistique, cohabitent avec justesse. Both Sides of the Moon, de son côté, esquisse un plan dont les saccades s’habillent de sons et chants inventifs. Comme de coutume. Riad prolonge le trip dans de superbes frétillements, funky mais éloigné du convenu. L’investigation est fructueuse, cuivrée, orchestrale en son terme. We Were Here, Technically fait dans le « prog » (sans la lassitude inhérente au genre) hauts en couleurs, porté par une musicalité revendiquée. Late Checkout lâche après ça une électro expérimentale, qui au fil de son déroulé gagne en intensité. C’est là que K//A\K//A met fin à l’opus dans une sorte de samba des quatre coins du globe, de nature à sangler l’approche hautement fertile d’un C’mon Tigre au meilleur de sa forme.

