Bakir fait de l’électro, teinté de Maghreb, ouverte et sans œillères, qui lui permet un premier jet convaincant. Celui-ci a pour nom All’Alba, il commence dans le virevoltant dépaysant avec Printemps, façon Lalalar dirai-je. Le voyage est d’ores et déjà délectable, pour BAKIR on se met à table et dans la foulée Mr Orange, animé lui aussi, couple l’organique avec du dispositif électronique bien conçu. Sans pouvoir résister on danse, on s’encense, entrainé par le rythme et le malaxage de Bakir. Mouja, trip dans le mot comme dans le son, égale Acid Arab. En termes d’impact, de louvoiement entre les mondes. Il rocke aussi, laisse filtrer une embardée électro que les corps rythmeront. Les vocaux sont appuyés, le brassage enivrant. Naghma, moins direct, borde le tribal. L’échappée reste magique, prenante, planquée entre les genres. Naghma s’emballe, sous le joug de notes superbes. Guembri, karkabous et bendir côtoient guitare, violon, saxophone, boîtes à rythmes et synthétiseurs, imaginez donc la portée du jeu.
Bakir plaira à coup sûr; il a aussi et pour ça, dans son arsenal, Daft Drunk et sa mélopée vivace. On ne peut que succomber, les senteurs d’Orient de Bakir le portent sans plus tarder aux cimes et en font une découverte choc. Tahia Palestine, fervent, de syllabes vindicatives, dégorge voix de robot, trame alerte et nique les conflits, par la même occasion. C’est alors que Yamma, lente élévation dont les cordes s’illustrent, tisse pour clore l’ep/album une esquisse spatiale, intense bien que sobre, chant truffé de ressenti en sus. Valable à plus d’un titre, All’Alba s’écoute sans interruption et à volume de préférence élevé.

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