Mother Giraffe, Italien, fait de la Crank Wave, soit un amalgame agité de tension post-punk et de minimalisme new-wave. Food Is a Necessity traduit son approche sur neuf morceaux turbulents, dansants aussi, suite à Necessities (Intro) et sa trame narrative jonché de gris et de sonorités dérangées. House Of Bondage sur basse bondissante et guitares excitées met un coup de latte dans la fourmilière, à rythme appuyé. Stab Fight lui emboite le pas tout aussi vivement, chant sauvage en sus. Il y a du Fugazi là-dedans, du Jesus Lizard, des plans revêches aux flux variables. Walking At The Market, apparemment plus « tranquille », dévie de manière plus insidieuse. Il convulse soudain, hors contrôle, et se met à filer. Excellent. Tout comme Intermission, sous la minute mais totalement psychotrope.

Bien fileté Food Is a Necessity convainc, Steam Cooking y place ses 7.14 « éclaircies », si je puis dire, entre vocaux fous et notes élaguées. La dynamique est décisive, incisive, jamais figée loin s’en faut. Là encore on breake, dans l’aérien bruissant, avant un coup de butoir final teinté de lyrisme en crue. Je pense à The Ex, ça et là, lors de l’écoute. Paolino est leste, haché, déraisonnable. Pigs galope après ça, funke un peu de par ses enrobages, consolidant un opus charpenté et cousu main. Ses vrilles et sorties de route frappent fort, à l’issue du terminal Can You Imagine -rapide et noisy- on tient une trouvaille à partager au plus grand nombre.
