Français, ce qui réjouira, Cold Cause malaxe post-puk, EBM et électro dark. Il le fait avec brio, l’album ici décrit peignant neuf morceaux enlevés qui de l’Allemand à l’Anglais se typent, à partir de l’inaugural Vampire der Liebe aux motifs insistants sur nappes ne l’étant pas moins. Les guitares l’irisent, le langue de Goethe lui donne de la profondeur. Je pense à Lovataraxx, en l’occurrence, pour la nature du rendu. City of Firmaments, brumeux d’abord, tachycardise. Cold et alerte, il confirme l’excellence de l’amorce. Lebanon Hanover, Boy Harsher, DAF sont évoqués pour de Cold Cause évoquer la teneur, pas faux mais le trio soulignons-le assure ses propres traits. Dead Diamond Machine, de son électro fusante, percute et vrille le ciel. L’amalgame des genres est agile, le refrain obsédant à souhait. Road, sulfureux, trace le bitume et persuade à son tour. A l’immédiat les compositions retiennent l’attention, durablement.
Pour ce faire Das Gespenst, EBM à garder dans le crâne, impose lui aussi ses sons et mots. Ses synthés s’expriment, sa cadence suscite la danse. De titre en titre Cold Cause encheville ses créations, plus qu’attirantes. Red Dust en est, de sonorités célestes en passages acidulés. Mutin et inspiré le groupe constituera à l’évidence une belle surprise. On The First Page, entrainant à l’instar de bon nombre d’autres œuvres, propose basse cold et loopings de synths estimables. Le chant, lui, continue à faire son effet. J’adhère, le disque détenant tout ce que j’aime entendre. On The First Page change de braquet, à aucun moment l’ennui n’est ici légion.

Sur la fin Dark Madonna, de l’indus à des teintes Depeche Mode, rock aussi de par ses cordes (de guitare rassurez-vous), électro de l’underground, permet un autre temps fort. Des susurrations s’immiscent, puis la toute dernière galette ayant pour nom Drunken Bird apaise ses contours et dépecée, déplumée dirai-je, livre un déroulé spatial pas loin de l’immuable mais tout de même variable. J’élis alors et sans atermoiement Cold Cause, talentueux, à la suite de sa digne série.

©Séverine Kpoti
