A l’opus premier de Camp Claude j’avais adhéré, tout autant qu’à ceux d’Arthur Fu Bandini, chroniqué ICI. L’occasion était donc belle, en ce début d’avril, de les voir tous deux officier sur scène. Après la pleine Lune c’est la Lune qui de Pirates est pleine, Royel Otis et autres Gorillaz en son de fond. Il y a là des lycéens, de Branly, qui pour Camp Claude ont confectionné de superbes vêtures. A la Filière textile, on perd pas le fil. C’est à prix libre, c’est décalé et créatif. J’ai réagi trop tard, je n’en aurai point. C’est tout moi ça, bon allez Camp Claude reconnaissant offre à l’assemblée un show qui suite à quelques sucreries poppy trop polies pour moi, atteint son paroxysme. Nombre de morceaux impactant, tantôt rappés par Michael Giffts alors que Diane Sagnier dans l’entrain fait son one woman show et que Leo Hellden assure de sereines parties de guitare, ravissent le public. Les deux hommes ont officié dans Tristesse Contemporaine, à cocher lui aussi dans les certifiés. Derrière eux un batteur affirmé marque la cadence, accentuant la danse. Ce samedi matin je plane, réveillé à demi : j’ai en effet amorcé ce live-report par la tête d’affiche, alors j’assume et poursuis sur ladite voie. Camp Claude gagne la Lune, je me prends au jeu tant il monte haut et généreux, trace un extended show digne de son rang, chaud et électrisant. Sur une paire de morceaux une demoiselle en bord de scène mime et choralise, look de marque à l’appui. Je la photographie, elle aussi. Camp Claude n’a pas failli, il quitte la scène et là j’enchaine, j’aurais du selon l’ordre habituel narrer mon retour mais Arthur Fu Bandini mérite la distinction.


Camp Claude
Le bonhomme de l’ Ile Saint Denis, au look à la Cavanna (Les Ritals, une de mes premières lectures), offre pléthore de titres forts. Ses écrits eux aussi sont choisis, lettrés, interpellants. Avec lui on valse, volontiers, au gré d’une électro parée de couleurs larges. Ses nappes flirtent avec le reggae, peuvent faire dans l’aérien, convoquent des guitares dures et suintent une dextérité évidente. Son Anesthésie générale, sous flottement éthéré, opère. Arthur Fu Bandini sans galéjade enfume, Empire IA à l’instar de nous-mêmes perd le contrôle et le patchwork livré échappe à toute critique acerbe. De la vie Arthur Fu Bandini tire la sève, il en fait d’ impeccables créations. De bout en bout il se distingue, son bastringue nous fait du gringue et de ce fait, Nos coeurs font du freejazz en twistant sévèrement. La partie est gagnée, le délié agité du gaillard vient de faire de ce dicremer (rime verlanisée du plus bel effet) un ènième temps fort abrité par les murs de brique d’ une Lune entièrement enjaillée.


Arthur Fu Bandini
Photos Will Part en Live!, auteur de l’article…
