A l’orée de la sortie de son A Strained Ocean niché entre rock progressif, post-rock, ambient et jazz, Wheobe répond aux questions de Will Dum…

1. Wheobe, c’est venu quand ? Qu’est-ce qui vous a réunis sur ce projet commun ?
On s’est rencontré au lycée, et ça a été très rapide. Dès les premières fois qu’on a commencé à répéter, on a senti l’alchimie et une envie commune de faire une musique qui nous est propre, de prendre le temps de creuser des idées propres. Et surtout, on était et on est toujours très proches au-delà de la musique, donc le feeling était naturel directement !
2. Votre son semble tenir en un amalgame de tendances diverses, entre prog, jazz « libre », ambient et post-rock « écoutable ». Comment en êtes vous arrivés à ce savant malaxage?
Ça a été, et c’est encore, un travail de longue haleine ! On écoute tous les quatre des styles musicaux assez différents, et on a pris du temps avant de trouver un son qui nous définit dans toute cette palette et qui permet à chacun de s’exprimer avec ses envies, dans un langage commun. On compose quasi-exclusivement à partir d’improvisations, tous ensemble, ce qui nous donne une grande liberté dans notre exploration sonore.

Pochette A Strained Ocean
3. Votre album à venir, A Strained Ocean, greffe tout ça de manière prenante. Comment l’avez-vous façonné, qu’y dites-vous et que vous permet cette liberté de ton qui vous caractérise ?
On a fait un long travail d’introspection pour cet album, de discussions entre nous pour déceler les choses qu’on a tous profondément envie de défendre et de transmettre à travers notre musique, et on essaie de mettre la composition au service de ces idées parfois complexes, d’où nos structures de morceaux plutôt sinueuses. On y raconte l’empathie, notre rapport aux autres, à notre environnement, et notre manière de trouver du sens dans un monde qui s’éloigne de ces valeurs. On se donne une grande liberté dans les nuances et couleurs musicales qu’on utilise, ce qui nous permet à la fois de parler de ces sujets dans toute leur violence et en même temps dans notre lien intime avec eux.
4. A l’approche de la sortie du disque, quel est votre état d’esprit ? N’y a t-il pas une forme de challenge, en ces temps où tout s’uniformise, une sorte de gageure, à sortir du son et développer une identité marquée ?
Complètement, c’est un peu un pari qu’on fait, cette quasi-absence de compromis dans la composition. L’idée n’est pas de faire une musique complexe juste pour la forme, mais de défendre un propos de la manière la plus intense possible, et d’aller au bout du processus en confrontant cette esthétique marquée à un public et des médias qui n’en sont pas forcément proches au quotidien. On a hâte, on est surexcité par la sortie et on attend les premiers concerts avec impatience !

5. Vous êtes actuellement en tournée intense, comment se passe t-elle ? Que représente la scène pour vous, quelle est la réaction du public face à votre mixture « hybride » et parfois exigeante ?
Avec Wheobe, on a toujours pensé la musique pour le live. Ça ne veut pas dire qu’on ne prête pas une attention toute particulière à la version album, mais cette musique est faite pour vivre et pour se partager entre humain.es. On est très heureux des dates de tournée annoncées, et chaque date va être une expérience géniale !
Les publics sont très différents selon les régions et les lieux. Parfois, on tombe sur un public très contemplatif, qui prend plaisir à se plonger dans le son et dans une approche très intérieure ; d’autres fois, le public est là pour faire la fête et sauter dans tous les sens. On a vu les deux et on adore cette alternance, ça offre un partage à chaque fois différent avec le public, et on a toujours d’excellents retours dans les deux cas, donc c’est un bonheur !
Photos Suki Raw et Tara Ozem
