Harvey Rushmore & the Octopus vient de Basel, Switzerland. Il malaxe fuzz, surf, kraut et garage. Mindsuckers est son nouvel album, on y dégote neuf pièces majeures à la spatialité enlevée. Wet Rabbit s’élève le premier, psych, mélodieux mais aussi fougueux. Ses guitares bavardent, son rythme trace. Hope, plus saccadé, gronde et change de ton à l’envi. Il fuse, largue des sons psyché éloquents. Bitterkraut, plus ouvertement rock’n’roll, teinté de kraut, enfile une troisième perle elle aussi probante. D’élans nuageux en impact délibéré, Harvey Rushmore & the Octopus impose son approche. Son groove fait la différence, souvent appuyé. Painting Coulors, de reflets folk -dans un premier temps- entrainants, passe rapidement la cinquième vitesse. L’album est uni, exempt de temps morts. Moon Reject, également « folky » en son début, opte pour un cheminement nacré. Il étaye l’opus avec style.
Plus loin Cloud Driver, presque semblablement doucereux, apporte autant de brillance. Si la vigueur est moins prononcée le résultat, de son côté, surnage indéniablement. En son terme le morceau s’acidifie, puis Acid River instigue une psych-pop racée. Rien ne viendra perturber, sur ce Mindsuckers, l’irréprochable tenue de l’ouvrage. Acid River se met à enfler, les crues de Harvey Rushmore & the Octopus méritent toute notre attention. Cosmic Waves, kraut et filant, de chant entre les cieux, produit un effet marquant. Il décélère, sans perdre en pertinence. Enfin Mindsucker, terme au galop, conclut dans la lézarde sonique un ensemble fiable autant qu’équilibré.

