Totology est rennais (au yeah!), post-punk mais pas que. Son premier EP, frontal et vulnérable, est traversé par une obsession : donner voix à l’enfant que l’on refoule en grandissant. Ca m’intéresse, en tant qu’éduc et en tant qu’être. Il en va de même pour le son, le titre éponyme imposant chants alliés, guitares au nerf palpable et dynamique jubilatoire alors que le refrain, lui, plane et que le terme entre en crue. Parfaite lancée, suivie d’un I’m alone aux gimmicks fatals. Je ne connaissais pas, je l’avoue, la formation en question. Comme quoi le réseau ça sert, dans une sphère indé qu’on n’est pas prêt de lâcher. Une trouée noise se produit, vertigineuse, avant une retombée mélodique. Shame, massif, incrusté de riffs secs, d’une voix à la Psychotic Monks, assène un troisième pavé de marque. Tout en montées, en ruptures, en intensité ébouriffante.
Plus loin se forme Sleep, de vocaux peinards en loopings plus abrupts. Frontal comme aérien, il couple les deux options avec maestria. Bien enrobé, il précède le trépidant Light out et sa furia post-punk acérée, si bien qu’on ne peut censément lui résister. Une ultime bannette où encore, sautes d’humeur, groove fous (un peu funky par ici, parfois) et mélopées soignées vivent sous le même toit, au service d’un EP de portée constante et individuelle de par son approche.

©Maximilien Chazan
