Depuis l’année 2000 Peaches sévit, discographiquement. No Lube So Rude est son premier album depuis 10 ans, on l’y retrouve révoltée -on s’en doutait et on appréciera d’y goûter-, en Canadienne gouailleuse et pourfendeuse des normes. L’opus investit l’identité, la sexualité et l’autonomie corporelle, s’évertuant à faire de la frustration cumulée une forme de vigueur jubilatoire. Il y parvient, brillamment. Entre électro, pop, indus et insubordination punk la berlinoise de résidence régale et sème par ici une collection salvatrice, que Hanging Titties propulse d’emblée sur des rails porteurs. Electro-clash, dance dans le sens niché du terme, il pulse avantageusement. Peaches provoque, avec intelligence mais sans indigence aucune. Fuck Your Face, aux airs de va-te-faire-foutre jouissifs, amorce une deuxième dégelée électro-cold frétillante aux soupirs explicites. Ca groove de partout, les élucubrations sonores et textuelles de Peaches font réellement merveille. No Lube So Rude, éponyme, castagne un indus-électro sans concessions. Pas le genre de la maison, et ça se truffe de sonorités triturées. Excellent. Whatcha Gonna Do About It, dont les nappes secouent le cocotier, n’enthousiasme pas moins.
Unie, pertinente est la série. Panna Cotta Delight, vrai délice en effet, claque un électro spatiale, enlevée, subversive. Fuck How You Wanna Fuck suit et b++++ nos écoutilles, se parant de riffs bruts et ruades rock imparables. Enorme. Not In Your Mouth None Of Your Business scande, jure, riot aux pulsions ravageuses. Ce disque est un manifeste. Take It délie la voix, relâche quelque peu la bride et évidemment, excelle. Grip, avec ses guitares silex, ses basses reptiles, perpétue la danse de joie. Et puis, t’as maté la pochette un peu ? Elle ruisselle, pour un peu jouirait. On va se gêner tiens! You’re Alright, me remuant les fesses, obsède. Par son refrain, son injonction à vivre. Pas à survivre, même si ces tocards là-haut…bon bref f+++ them all la fin (de l’album) est proche mais Be Love la célèbre dans l’amour, avec vivacité, servi par des sons une dernière fois captivants, dépaysants en leur terme. Indispensable, No Lube So Rude démontre que l’âge sur Peaches n’a aucune prise, paraissant même exacerber son ire et sa dextérité dans la mise en œuvre.

©The Squirt Deluxe
