Formé par Mammouth, des indispensables Sleeppers, vus en live et dont les disques trônent ici à ma gauche, ANT NEBULÄ en vient après 2 EP à ce son premier album. La richesse de parcours du bonhomme, allié ici à Eric (Drums & pads) et Elo (Bass) en fait le sel, à commencer par The girl with x-ray eyes dont le tumulte stoner/noise regorge de style et de furie contenue. Les guitares y tissent, mélodiques. La basse ponctue, mariée au drumming. Ca groove. White noise, plus direct, syncopé toutefois, assène une noise qui n’est pas sans rappeler le sublime Interaction de qui vous savez. Un chant posé assure le contrepoint de tons offensifs. On adhère, le riff est solide. Mythomaniac, en ruades furieuses, lacère le tout. Il alterne les cadences, dans le dense, et là aussi les vocaux varient. La section rythmique flirte avec le motorik, jouissif est le rendu. Ghostlike (Feat. Raf – SLEEPPERS) le renforce encore, doté de pop de marque, entrainant, rock et rapide. L’artiste convié, bien connu, y poste sa superbe voix.
Trigger (Feat. Xav – JENX), qui suit, n’est pas en reste. Electro d’abord, noise épaisse ensuite, il se pose en standard. La collection, par ailleurs, se défile sans jamais fléchir. Le guest ici rugit, puis Dead dream, psyché, barré, de voix cinématographiques, casse à son tour la matrice. Ninth life (Feat. Deborah – HEREIN), à l’amorce très N.I.N., place dans l’élan un déroulé aérien, que l’organe de la dame s’en vient typer. Il implose, intense, pour après ça osciller. Remarquable. D’invités décisifs en créations racées Stars Aligned Machine contraindra à l’achat, d’autant plus que She’s lost control (Joy Division cover), bien que prévisible en termes de formation choisie, charme également les écoutilles. Voilà une version addictive, en loopings et virages serrés, qu’on n’est pas prêt d’omettre.

Convaincu on poursuit l’écoute, White noise – the sequel (Feat. Dasha – DAROGA) nous gratifie d’une embardée dépaysante lo-fi/jazzy d’éclat dépecé. Le panel est large, sans cesse attrayant. Fake me, électro-indus rampante, y susurre sur tempo appuyé. J’y entends, dans les vagues sonores, du Young Gods, mais il est à noter qu’ ANT NEBULÄ façonne avant toute chose sa propre glaise. Il est fort à l’aise, se permettant même une ultime virée déroutante sous la forme de l’éponyme Stars aligned machine. Spatial, orné de motifs proches du trip-hop, c’est la cerise sur le gâteau et ce dernier, conçu avec la dextérité de ceux qui osent, se dévore sans laisser la moindre miette.
