En 2015, issus de groupes différentes formations, Pierre-Olivier Poujade, Léo Therial et Robin Massalongo décident de monter un side project indie-rock aux influences intergénérationnelles (new-wave, cold, rock psyché). A l’affiche de festivals majeurs (Beauregard, Garorock…), porté par deux sorties (EP /Bleue Crocuses / 2016 – LP/Can Care Less / 2020), le projet devient alors un groupe à part entière, The AA, rejoint par Steeven De Castro et Benjamin Marsan et basé à Agen. Aujourd’hui To Be Here, jonché des sources citées plus haut pluriel, vient asseoir le groupe. Il trame une errance poétique entre trauma, illusion collective et dématérialisation, ce qui rend ses thématiques attrayantes. Silent Steps, brumeux, l’inaugure dans des syncopes presque baggy alors que le chant, à la Bobby Gillespie, flemmarde puis vire à l’aigu. Du spatial de marque, suivi par Inner Sun et son rock aussi fin qu’acéré. Là aussi les vocaux s’illustrent, dans l’élan Hoax Y Gen dans l’aérien chloroforme l’écoutant. All Aligned, filant, post-punk et un brin cold, suit avec mérite. The AA s’en sort, parfois même il fait fort. Way Beyond Your Feed et ses guitares mordantes le confirme, l’organique et le plus synthétique s’y confrontent.

©Tom Françoise
Max Is Higher, au mitan du parcours, flotte vivement. On dirait du Spacemen 3 non? Toujours est-il que le rendu s’élève, The Hidden Moon en saccades encielées s’y glisse. Your Endless Tower, fait de torpeur, s’emballe ensuite rapidement. Il se syncope, fervent. L’effet vocal est ici, encore, saisissant. The AA performe, sûr de sa forme. Il y met les formes, sans trop de politesse tout d’même. L’éponyme To Be Here, entraînant, s’impose sans forcer. L’enrobage est bonnard, l’unité de l’album incontestable malgré la diversité de ses influences par ailleurs plutôt bien ingérées. Small Talk, insidieux, amorce la fin des débats. Il le fait sans faillir. Outraw vient alors finir, bref mais psychotrope, là-haut, une série de songs dont The AA n’aura sûrement pas à rougir.

