Converge a souhaité pour ce Love Is Not Enough agir sans invités, sans artifices studio ni traitement systématique des imperfections. L’énergie brute prévaut, elle décuple la sauvagerie de l’opus. Le titre éponyme, d’ailleurs, s’en imprègne. Il ouvre dans une furia screamée à la puissance dévastatrice. Trashy et émaillé de guitares métal en feu, le morceau brise ses rythmes et nos nuques. Bad Faith, en seconde position, largue un parpaing massif. Les chants se parent de hargne, Distract and Divide à corps perdu déboule à vitesse grand V. Une minute trente, le maximum de haine et un son pachydermique qui sied parfaitement à l’approche voulue. To Feel Something, comme s’il fallait confirmer, suit une voie presque similaire bien que plus entrecoupée. La déferlante est impressionnante, c’est ici au bord des deux minutes que le track se termine. Pavé éructé, sans ennui aucun tant il mue sans sonner forcé. Beyond Repair, lui, se tapit dans l’ombre mais fait retomber la tension. Il réitère ses notes, psyché, martelé. J’ai le sentiment, à son écoute, qu’il s’agit là d’une brève accalmie.
Me donnant raison Amon Amok, alerte et dynamique, saccadé, revient à une force de frappe ahurissante. Ca pourrait, même, être trop. Mais les variations, amenées avec maestria, permettent de rester en phase. Force Meets Presence, au riffing lourd, poste une autre offensive rapide. Il stoppe soudainement, nous laissant pantois. Gilded Cage, d’abord apaisé, le relaie en étirant encore le champ d’action de Converge. Il alterne calme menaçant et coup de boutoirs déments, le procédé est bien entendu maîtrisé. Sonné mais attiré on poursuit l’audition, Make Me Forget You de son rock’n’roll comme si Motörhead vocalisait à la Jacob Bannon propose alors près de 300 secondes variables, qui croisent les genres et les font copuler dans un fracas bien orchestré. L’embrasement est total, le rendu vrai et dénué d’artifices. We Were Never the Same, chargé de le border, le fait dans le rentre-dedans vicié, insidieux, jusqu’à entériner la validité de ce nouvel effort digne de ses quatre concepteurs.

©Jason Zucco
